Belgique

Dieu que c’est pénible. Chaque jour depuis une semaine, on se dit que cette fois l’accord interprofessionnel est emballé. Et chaque jour, il faut déchanter. Cette fois, c’est au sein du gouvernement, largement sollicité il est vrai, que cela coince. Certains ministres, singulièrement à l’Open VLD, se demandent si l’effort demandé à l’Etat n’est pas trop lourd. Le comité ministériel restreint se réunira mercredi soir pour donner une réponse définitive et ficeler un plan de relance que le Premier ministre compte présenter le lendemain à ses homologues européens.

On pensait pourtant que le plus dur avait été fait. Le président du Conseil central de l’économie, Robert Tollet, appelé par le gouvernement à jouer les monsieurs bons offices, était parvenu, lundi après-midi, à faire une proposition équilibrée, qui semblait pouvoir contenter - à défaut de satisfaire vraiment - les employeurs et les syndicats. Dans son épure, travailleurs et patrons toucheraient grosso modo la même chose : environ 1,1milliard d’euros au total.

Les travailleurs peuvent compter, en plus de l’indexation automatique de leur salaire, sur un supplément salarial net de 125euros en 2009 et le double - 250euros - en 2010 (lire ci-contre). Comme il y a 2,65millions de travailleurs salariés en Belgique, cela représente un effort total de 660millions d’euros pour les employeurs.

D’autre part, une enveloppe de 428millions d’euros, promise aux syndicats par le gouvernement dès septembre, est libérée pour améliorer certaines allocations sociales (lire ci-contre).

Equilibre savant

Les employeurs bénéficieront d’un montant comparable. La note de Robert Tollet, estampillée "hautement confidentielle", évoque d’abord des diminutions de charges sur le travail de nuit et en équipe ainsi que sur les heures supplémentaires pour un montant de 428millions d’euros. Soit le même montant que celui qui a été concédé aux syndicats pour améliorer les allocations sociales.

Les employeurs pourront par ailleurs garder une partie du précompte professionnel qu’ils doivent verser à l’Etat. Le montant qu’ils pourront conserver passera de 0,25 pc du précompte actuellement à 0,75 pc en 2009 et à 1 pc en 2010. Dans les faits, cela représentera une baisse totale du coût salarial de 0,6 pc en régime de croisière. Cela représentera aussi un manque à gagner pour l’Etat de 694millions d’euros.

Pour soulager le trésor public, les interlocuteurs sociaux prient le gouvernement de trouver un financement "alternatif" qui ne touche ni les travailleurs ni les employeurs et qui rapporterait quelque 185millions d’euros. Ce sont les revenus de capital qui seraient visés.

Les interlocuteurs sociaux attendent la réponse du gouvernement. Puis ils consulteront leurs membres avant de se prononcer à leur tour définitivement. L’Union des classes moyennes le fera le 17décembre, la Fédération des entreprises le lendemain et les syndicats, le 22décembre. C’est alors seulement que l’on saura si l’accord interprofessionnel 2009-2010 peut être signé ou non.