Un acte islamophobe par jour après le 22 mars

Le rapport 2015 du Collectif contre l'islamophobie (CCIB) publié vendredi est formel: durant la période qui a suivi les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, le nombre d'actes islamophobes envers la communauté musulmane de Belgique a explosé.

L.V.
Un acte islamophobe par jour après le 22 mars
©Belga

Le rapport 2015 du Collectif contre l'islamophobie (CCIB) publié vendredi est formel: durant la période qui a suivi les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, le nombre d'actes islamophobes envers la communauté musulmane de Belgique a explosé. Des faits qui n'auraient pour objectif que "d'accentuer la fracture sociale déjà importante en Belgique", selon le collectif.

36 actes en un mois

Le CCIB s'est chargé de récolter et recenser ces plaintes qui ont suivi les terribles attaques du mois de mars. Résultat: pas moins de 36 actes islamophobes ont été signalés du 22 mars au 22 avril 2016. Soit plus d'un acte islamophobe par jour sur cette période d'un mois. Plus précisément, le collectif a compté 19 plaintes pour délits de haine (agression, incitations à la haine, et/ou appel au meurtre), 6 discriminations (harcèlement compris) ainsi que 11 propos haineux. Les délits de haine sont majoritaires (53%) et sont principalement diffusés dans les médias et sur Internet ( 44% des cas).

La part belle aux clichés

Le rapport stipule également que les raccourcis et les clichés faciles sur la communauté musulmane, se sont multipliés eux aussi. Le collectif parlant de "réflexes qui tendent à assimiler la pratique religieuse du culte musulman à des signes de radicalisation". Deux exemples de faits relatés dans les médias sont cités: l'existence d'une salle de prière clandestine à Zaventem (information démentie par le parquet) ainsi que l'écartement d'un employé parce qu'il portait une barbe.

Lutter au fédéral

L'objectif du CCIB reste clair : mettre en place un plan interfédéral de lutte contre l'islamophobie en Belgique. Et les élus nationaux ont "leur rôle à jouer dans la déconstruction de l'islamophobie". Le CCIB a d'ailleurs toujours en travers de la gorge les propos tenus par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), en avril dernier, lorsqu'il affirmait qu'une "partie significative de la communauté musulmane" avait dansé après des attentats.

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