Un an d’études, c’est 9 000 €

L. G. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Une année d’études supérieures, ce n’est pas donné. Mais combien cela coûte-t-il vraiment ? A cette question, la Fédération des étudiants francophones (Fef), dont le premier combat est celui pour un enseignement public de qualité, gratuit et accessible à tous, a souhaité apporter une réponse. Elle a dès lors mené une enquête de terrain auprès de plus de 4 000 étudiants en Communauté française. Il en ressort qu’une année d’études, pour un étudiant koteur, coûte en moyenne 9 046 €, soit 1 600 € de plus que le coût moyen établi par une précédente enquête, menée en 2008. Pour un non-koteur, c’est 4 211 €.

L’enquête de la Fef fait apparaître que les coûts directs ne sont pas les plus difficiles à surmonter pour les étudiants. Le minerval, les livres, le matériel et les stages ne représentent en effet que 9 % du budget, soit 857 €. Les coûts indirects constituent dès lors le principal obstacle à surmonter. Parmi ceux-ci : le logement représente 47 % (53 % avec la garantie locative). L’alimentation arrive en seconde place, avec 1 503 € (17 %). Les frais d’Internet se montent quant à eux à 393 € par an, rien de moins. A noter qu’une année à l’université coûte davantage qu’en Haute Ecole, en raison d’un minerval deux fois plus élevé (788 € contre 357 €) mais que le coût des stages (surtout les trajets) représente davantage en Haute Ecole, où ils sont plus courants.

Comparées à celles de 2008, les nouvelles données montrent une très nette augmentation du coût du logement (de 3 150 € à 4 278 €), d’autant plus spectaculaire que ce poste, selon la Fef, était sous-estimé dans le précédent sondage. A noter que le loyer moyen varie fortement d’une ville à l’autre. Ainsi, à Louvain-la-Neuve, il est moins élevé, en raison de l’utilisation du bail à dix mois pour les kots UCL. Le coût de l’alimentation et des connexions à Internet a lui aussi augmenté, conformément à la hausse générale des prix. Par contre, on note une diminution du coût moyen du minerval et des supports de cours (conséquence des mesures prises en faveur des étudiants boursiers), ainsi que des transports (lié à l’intervention de la Communauté française, à hauteur de 50 %, dans l’abonnement aux transports en commun). Des mesures dont la Fef craint la disparition, en raison des difficultés budgétaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette enquête comportait un second volet, consacré à la qualité des études. Non pas la qualité des cours ou des professeurs, mais bien celles des infrastructures (qui reçoivent une cote globale de 6,8/10), de l’encadrement (6,8/10) et des services (6,5/10). Des résultats moyens honorables, qui cachent cependant de grandes différences d’un établissement à l’autre, voire d’une section à l’autre au sein d’une même institution. La Fef souligne également que 42 % des étudiants disent avoir cours dans au moins un local délabré, 53 % dans un local surpeuplé et que 62 % estiment que les horaires d’ouverture des divers services ne sont pas satisfaisants.

Au bout du compte, la Fef réitère, à l’instar de l’Académie royale de Belgique (ARB) il y a quelques jours (LLB du 26/11), son appel à un refinancement de l’enseignement supérieur, à hauteur de 7 % du PIB, comme c’était encore le cas au début des années 80. Mais la convergence de vue avec l’ARB s’arrête là. Ce n’est pas demain la veille que la Fef proposera de contenir le nombre d’étudiants dans le supérieur en généralisant l’examen d’entrée

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