Belgique Les Belges restent généreux mais il faut assurer la relève de l’interface avec les plus démunis.

Cette année, tous les admirateurs de saint Vincent de Paul et de son œuvre marqueront sans nul doute les 400 ans de la vocation du célèbre clerc au service des démunis. A cette occasion la Société de Saint-Vincent-de-Paul organise plusieurs campagnes et événements question de se faire encore mieux connaître mais aussi pour susciter de nouvelles vocations de bénévoles.

Mais avant d’y venir, c’est aussi une belle opportunité pour recadrer la riche personnalité de Vincent de Paul. Il y a quatre siècles, touché par la grande misère matérielle et morale de la société française d’alors, Vincent de Paul qui était né à Pouy, près de Dax dans les Landes avait choisi de consacrer sa vie à aider les plus défavorisés.

Sa première fondation, Les Dames de la Charité, était lancée en 1617, en vue de venir en aide aux pauvres. Vincent de Paul, qui mobilisa la noblesse et la bourgeoisie françaises, allait marquer de son empreinte sociale la France de l’époque.

Un modèle de sainteté puis une Société

Ce qui amena l’Eglise à le béatifier et à le canoniser comme modèle de sainteté. Mieux, un siècle plus tard, son action servit de modèle à Frédéric Ozanam, un étudiant catholique français. Chaque matin, quand il traversait les bidonvilles de Paris pour se rendre à l’Université, il était confronté à la misère matérielle et morale des gens. Cela l’amena à créer en 1833 à Paris une petite équipe de bénévoles qui se constitua comme une Conférence de charité. Elle devint plus tard la Conférence Saint-Vincent-de-Paul.

Les Conférences essaimèrent finalement à l’échelle internationale.

Reconnue comme ONG internationale depuis 2012, la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) est aujourd’hui active dans plus de 140 pays et ce sur les cinq continents. Soit quelque 800 000 bénévoles qui viennent en aide à trente millions de pauvres chaque jour dans le monde.

Près de six mille bénévoles

"Notre pays, explique Adrien de Vreese, le président national de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, n’est épargné ni par la précarité, ni par la pauvreté. Les inégalités se creusent."

Bon an mal an, la Société aide plus de 126 000 démunis en Belgique.

Et ce nombre ne cesse d’augmenter. Pour apporter réconfort et aide materielle à ces milliers de personnes dans le besoin, près de 6 000 bénévoles sont activement mobilisés.

"La demande de colis alimentaires explose littéralement. Nous en distribuons plus de 1 160 par jour ! Concrètement, cela exige des moyens humains, financiers et logistiques considérables. Il faut savoir que l’aide que nous fournissons se chiffre à plus de deux millions d’euros par an. Pour assurer notre mission, les dons reçus ne suffisent plus et nous manquons de nouvelles recrues bénévoles", poursuit Adrien de Vreese.

En Belgique, la Société a été créée en 1842. Sa mission est d’aller à la rencontre des personnes défavorisées sans distinction d’origine ou de religion et de leur apporter un soutien moral et une aide matérielle.

"Pour améliorer le quotidien des plus démunis et les aider à sortir de la pauvreté comme de l’isolement et de l’exclusion, les vincentiens agissent sur plusieurs axes. Il y a des écoles de devoirs, des vestiaires qui apportent une aide matérielle en vêtements et en mobilier avec aussi une grande écoute et la visite de personnes en détresse et, enfin, la distribution de colis alimentaires."


Trois cent neuf Conférences vincentiennes en Belgique

La Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) de Belgique a été fondée à Bruxelles dès 1842, par une douzaine de jeunes gens dont l’animateur était Edmond Van Gansbergh. Son premier président fut Etienne de Gerlache. Solidement établie depuis plus de 160 ans, la Société de Saint-Vincent-de-Paul compte actuellement compte aujourd’hui 309 "Conférences" (selon le terme original) ou entités locales. Réparties sur les dix provinces du pays et sur la région de Bruxelles-Capitale, elles sont adossées aux paroisses. Mais on ne le redira pas assez, à l’instar du président actuel Adrien de Vreese, le cœur de l’association ce sont surtout ses 6 000 bénévoles qui s’engagent à respecter les dix principes de la "Charte du vincentien".

Une grande autonomie d’action en fonction des besoins

"La SSVP fonctionne en mode décentralisé, commente encore Adrien de Vreese. Tout part du travail des équipes de bénévoles et du terrain et donc pas de la (petite) structure centrale de Bruxelles. Notre philosophie est basée sur l’autonomie d’action de nos membres qui agissent localement en fonction des besoins." C.Le

Renseignements : https ://vincentdepaul.be.