Belgique

Les professeurs-promoteurs de la pétition demandant la démission de Mgr André-Joseph Léonard comme Grand Chancelier de l’Université catholique de Louvain parce que "certaines de ses prises de position ne tranchent que trop avec la tradition humaniste de l’UCL", ont rendu publique vendredi, comme ils l’avaient du reste annoncé, la liste de leurs signataires. En définitive après une vérification attentive des documents, leur appel a été signé par 153 académiques et assimilés et 152 membres des personnels scientifiques et administratifs. Précision utile : l’on n’a donc retenu que les membres - on disait jadis dans le jargon universitaire les "suppôts" - de l’UCL et pas des sympathisants éventuels extérieurs. Et aussi sinon surtout uniquement le personnel de l’Alma Mater et donc pas les étudiants qui ne font que passer par l’université

Un rappel à propos de l’objectif poursuivi : comme l’a dit le Pr Christian Arnsperger vendredi à la RTBF, "la démarche ne visait nullement à s’opposer aux visions parfois très personnelles de l’archevêque de Malines-Bruxelles qui a parfaitement le droit de les exprimer mais il s’agissait de montrer à la fois en direction de la hiérarchie de l’UCL et du monde extérieur que ces approches ne sont pas celles de l’université".

Matthieu de Nanteuil qui fut aussi à la base du projet se réjouit de la qualité des signatures recueillies au sein du monde académique : "Nous y enregistrons des enseignants et des chercheurs de toutes les facultés tout comme des représentants de toutes les branches du personnel. Et sans vouloir mettre particulièrement en avant certains d’entre eux, on peut se réjouir de voir s’y côtoyer un prix Nobel, des juristes et des philosophes qui ont pignon sur rue à côté de plusieurs chefs de services des cliniques universitaires et aussi de représentants éminents des sciences exactes. Cette grande diversité est en un soi un signal important adressé à Mgr Léonard." A l’assertion largement diffusée par les supporters de Mgr Léonard que la démarche est un flop puisqu’elle n’a recueilli "que" 305 signatures (alors qu’il y a 1372 académiques, 2044 scientifiques et 2001 administratifs) son promoteur tient à rappeler que "ce n’était pas un sondage mais une prise de position publique où il fallait clairement se déterminer. L’objet de la pétition n’a jamais été de vouloir déstabiliser ou renverser qui que ce soit mais de montrer clairement notre détermination et notre attachement aux missions et aux valeurs de l’université qui pourraient être remises en question. C’était donc un engagement fort et nous pouvons concevoir que pour d’aucuns demander une démission n’était nullement une chose aisée".

Pour les initiateurs de la démarche, il s’impose aussi de faire une mise au point : "Il faut mettre la démarche dans la persp ective du moment. Pour l’heure, Mgr Léonard est encore Grand Chancelier. Il nous a semblé important qu’avant la fusion en une seule université où ce Pouvoir organisateur disparaîtra, les membres de l’actuelle UCL puissent aussi se déterminer et montrer qu’ils veulent aller vers une véritable autonomie par rapport aux autorités catholiques de notre pays. Enfin, il faut faire la part des choses entre une prise de position morale et une prise de position stratégique. La qualité de notre texte montre qu’il s’agissait clairement d’une prise de position politique et éthique et pas directement stratégique". Matthieu de Nanteuil souligne encore que "les enseignants et les chercheurs ne sont pas que des techniciens mais aussi des citoyens responsables qui prennent la parole collectivement dans la société". Et de renvoyer aussi à la prise de position du Conseil rectoral et du recteur Delvaux qui ont précisé qu’une démission de Mgr Léonard "l’honorerait certes, mais c’est évidemment à l’intéressé de décider sur ce point". Enfin même si demain, "après la fusion, il n’y aura plus de Pouvoir organisateur mais un conseil d’administration sans la hiérarchie catholique, il était important de faire entendre cet appel à la plus grande autonomie pour l’UCL"

La liste des signataires peut être consultée sur www.lalibre.be