Belgique Robin, 5 ans, autiste, doit prendre le bus scolaire pour aller à son école spéciale.

Géraldine Jassogne, d’Yvoir, en province de Namur, est désemparée : depuis le 8 septembre, son fils de 5 ans, autiste, est banni du bus qui l’amène à l’école spécialisée d’Anseremme. "Jusqu’ici, Robin allait à l’école près de la maison. Grâce à la bonne volonté de l’institutrice, il pouvait y aller quelques matinées par semaine. Mais un enfant autiste a besoin de beaucoup d’attention. Pour sa rentrée en 3e maternelle, le centre PMS l’a envoyé dans une école spécialisée où l’on peut répondre à ses besoins spécifiques comme la logopédie, l’hippothérapie…"

Le souci, c’est le transport. Car Géraldine n’a pas de voiture. Bonne nouvelle : l’école a un accord avec les Tec et propose un bus scolaire gratuit pour les écoliers. C’est ainsi que Robin a pris le bus scolaire pour la toute première fois le mardi 5 septembre. "Mais sur le chemin, il a vomi. Apparemment, il y en avait partout : le conducteur était très fâché et nous a menacé de nous faire payer 5.000€ pour l’enlèvement et le nettoyage du siège par une entreprise spécialisée…", témoigne Géraldine, un peu effrayée à cette perspective.

Après discussion, ils sont parvenus à un accord : Robin pouvait reprendre le bus à condition d’acheter une housse en plastique pour son siège et de prendre des médicaments contre le mal des transports. Ce dont Géraldine s’est assurée pour un second essai le vendredi 8 septembre.

Mais au retour, Robin a de nouveau eu un souci, "juste un peu de bile" précise sa maman. C’en est trop pour le chauffeur qui lui signifie que Robin est banni du bus. Géraldine n’a pas de voiture. Elle tente le train. "il n’y a qu’un train toutes les deux heures. Le trajet me prenait une demi-journée, ce n’est pas possible au quotidien".

Sans oublier le coût : 11 euros par jour. Géraldine trouve une connaissance pour la conduire : à 10 euros le trajet, impossible de suivre… Le taxi social ne peut intervenir à cette fréquence. La situation lui semble sans issue et Robin commence à manquer l’école. Elle tente une démar che aux Tec, qui tourne court : "La responsable du transport scolaire m’a reproché de mettre mon fils malade dans le bus et m’a dit qu’elle ne pouvait pas demander au chauffeur de subir ça".

La maman regrette surtout que Robin, 5 ans, soit rejeté sans avoir eu une chance de s’adapter, son souci digestif étant sans doute dû à la nervosité de changer d’école et d’y aller sans ses parents…


Nora Sli,  porte-parole des Tec: "Les Tec acceptent un nouvel essai"

"Il n’y a aucune interdiction pour Robin de prendre le bus. Ce n’est pas au chauffeur de décider de cela, mais aux Tec qui sont donneurs d’ordre en la matière." "C’est la première fois qu’il était confronté à ce type de problème, il était allé au bout de ce qu’il pouvait envisager."

Géraldine devra se soumettre à une condition : "Donner à Robin un anti-vomitif le matin et le soir. Ces vomissements peuvent être contagieux chez les autres enfants et perturber ainsi le trajet et la sécurité du bus", précise la responsable communication Nora Sli. "À défaut, il restera l’intervention forfaitaire, pour contribuer aux frais de transport des parents, soit un peu plus de 500 euros par an."