Un cercle anti-Israël à l’ULB

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Belgique

L’Université libre de Bruxelles est encore dans le collimateur de la communauté juive.

En cause : l’admission d’un Cercle appelé BDS pour Boycott, Désinvestissement, Sanction. Sous-entendu : d’Israël. C’est là que le bât blesse. Il ne peut certes être question pour les descendants spirituels de Pierre-Théodore Verhaegen d’empêcher un débat de fond sur le conflit israélo-palestinien dans une université qui a toujours été à la pointe des grands combats démocratiques mais quid d’un cercle qui veut mettre Israël à l’index des nations démocratiques ?

La question n’a pas été facile à trancher puisque ledit cercle avait déjà été mis en stand-by et il a fallu plus de deux heures au CA de l’Alma Mater pour trancher à une courte majorité. La décision commence en tout cas à susciter des réactions.

Pour le Centre communautaire laïc juif "cette reconnaissance aux conséquences désastreuses va à l’encontre des valeurs sur lesquelles se fonde l’ULB. Le libre examen n’implique pas qu’on préconise le boycott de professeurs, de chercheurs et d’étudiants du fait de leur nationalité : le boycott académique vise des citoyens israéliens non pour ce qu’ils pensent, mais pour ce qu’ils sont." Pour son président Henri Gutman "cette dérive discriminatoire permet à des groupes de diffuser en toute impunité leur haine d’Israël et non leur hostilité envers une politique menée par un de ses gouvernements" .

Plus surprenant : la décision va à l’encontre de la politique de coopération académique de l’ULB avec des universités et des centres de recherche israéliens : "l’ULB ne peut simultanément mener une politique académique de coopération et de dialogue avec des universités israéliennes tout en laissant se déployer des efforts politiques pour boycotter Israël et ses universités" . Le CCLJ constate aussi que "le boycott académique ne pénalise en rien les tenants de la politique d’occupation et des territoires palestiniens. La campagne est non seulement injuste mais totalement contreproductive. Nous sommes convaincus que la coopération universitaire favorise le dialogue et le partenariat pour la paix" .

Le CCLJ ne nie pas les problèmes engendrés par l’occupation des territoires palestiniens par Israël mais condamne vigoureusement "toute campagne de boycott qui se traduit par une tentative de stigmatisation d’un pays tout entier qui ne contribuera pas à améliorer la vie quotidienne et la situation des Palestiniens" .

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