Belgique

Où Michelle Martin serait-elle accueillie dans l’éventualité où le tribunal d’application des peines (TAP) de Mons lui accorderait la libération conditionnelle qu’elle réclame ? Le TAP doit dire mardi 31 juillet s’il accède à cette cinquième demande déposée par l’ex-femme de Marc Dutroux.

Mardi dernier, Michelle Martin et ses avocats ont défendu devant le TAP son plan de reclassement, qui doit prévoir notamment un lieu d’hébergement. Ce tribunal d’application des peines siège à huis clos : ni public, ni médias. Et pas non plus de victimes parties civiles ou de leurs avocats lors de la présentation du plan de reclassement. Ces victimes sont pourtant invitées à donner leur avis, sans toutefois être informées des éléments du plan de reclassement. A la colère de certaines de ces parties civiles : "On sollicite notre avis sur un dossier dont on nous refuse l’accès", s’indignait ainsi Me Georges-Henri Beauthier, l’avocat de Lætitia Delhez, qui porte aussi les intérêts de Jean-Denis Lejeune. Il s’exprimait après avoir vainement fait valoir des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme qui consacrent le droit des victimes d’être parties au débat jusqu’à ce dernier stade de la procédure.

Informé du plan, le ministère public n’a pas voulu donner le lieu de résidence proposé par Michelle Martin qui, condamnée à 30 ans de prison, est incarcérée depuis près de 16 ans. Il avait remis un avis négatif, faisant valoir qu’une libération conditionnelle se prépare. "Notre position a toujours été la même, à savoir que, dans ce dossier, comme dans n’importe quel autre, une libération conditionnelle doit être précédée d’une période d’essai via les congés pénitentiaires", justifiait le procureur général de Mons, Claude Michaux. Or Michelle Martin n’en a pas reçu.

Me Thierry Moreau, avocat de Michelle Martin, restait muet sur ce plan. D’autant que - chat échaudé craint l’eau froide - l’année dernière, la divulgation du futur lieu de retraite de Michelle Martin a tout fait capoter. Après un feu vert du TAP, sur base d’un hébergement dans une communauté religieuse française, le ministre de la Justice français a opposé un veto sous forme d’un refus d’un accueil de Michelle Martin en invoquant la "menace sur la sécurité publique". Le couvent s’est alors ravisé et le TAP n’a pu que revoir sa position.

C’est dans ce contexte que, jeudi, le nom de la Communauté des Clarisses à Malonne, qui compte 11 religieuses, a fait le tour des rédactions.

Sans confirmation, ni infirmation du ministère public. "Mettre dans une position telle des organismes qui font un travail difficile d’accueil de détenus considérés comme indésirables, revient quasiment à réinstaurer la mort civile", prévenait ainsi un magistrat.

A 19h, des télévisions ont cité Malonne, couvent dont la sœur supérieure, avait indiqué dans l’après-midi à "La Libre", que son couvent n’a jamais accueilli des libérées conditionnelles. Semblant tomber des nues, elle expliquait que "Non, il, n’y a pas eu demande de Michelle Martin". Sans toutefois vouloir formellement infirmer qu’elle "ne viendra pas chez nous".

Alors, intox ? Info distillée en vue de faire échouer une nouvelle fois une acceptation d’hébergement de la femme la plus haïe de Belgique ? Difficile à dire. Il est en tout cas clair qu’une institution belge qui accueillerait Michelle Martin serait soumise à une très forte pression. A condition que le TAP accède mardi à sa demande de libération