Belgique

On connaissait l’Histoire de Bruxelles, publiée dès 1976 sous la direction de l’archiviste de la ville de Bruxelles, Mina Martens, chez Privat et aux Editions universitaires, ainsi que celle pilotée par Georges-Henri Dumont, récemment disparu, au Cri, à la fin des années nonante; mais on attendait encore un vrai dictionnaire historique sur la région centrale du pays.

Le projet fut longtemps dans les limbes mais le voilà bel et bien concrétisé sous la forme d’un volume de 900 pages et de quelque 4 000 entrées.

Voilà un joli cadeau de départ de Charles Picqué aux amoureux de Bruxelles d’où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent En effet, la Région avec un plaidoyer appuyé de Pierre Dejemeppe, le chef cab’ adjoint du "grand Charles" a soutenu l’idée qui ne pouvait elle-même germer que dans l’esprit de deux "echte Brusselaires", en l’occurrence Alain Deneef, grande voix de la citoyenneté bruxelloise et Serge Jaumain, historien de l’ULB mais aussi son vice-recteur pour les relations internationales.

Ces deux amoureux de la ville et de la région en conçurent le dessein dès 2004 dans une optique qui devait interpeller à la fois spécialistes et grand public. Une petite équipe fut mise sur pied avec d’autres amoureux de Bruxelles comme Jean-Marie Duvosquel. Précision liminaire : totalement bénévole, l’équipe de base n’avait pas le moindre appui financier.

Mais avec une foi et une devise du genre "impossible n’est pas bruxellois", ces pionniers s’enhardirent et lancèrent une vaste consultation en vue de réaliser dans un premier temps un dictionnaire d’environ mille noms propres. Il pouvait s’agir de personnalités (décédées) mais aussi d’institutions, d’organisations, de lieux, de rues, d’œuvres

De quoi faire se remuer les méninges de dizaines de spécialistes à partir d’une question basique mais on ne peut plus prégnante : qu’est ce qu’un Bruxellois ? En quoi telle personnalité ou telle société sont-elles bruxelloises ? S’ajouta à cela la difficulté de faire des choix raisonnés sur les principaux établissements d’enseignement secondaire, sur les stations de métro, les hôpitaux, etc.

Finalement, 80 experts de tous bords et de tous horizons à l’image des deux pères du projet dont l’ouverture d’esprit est un vrai modèle en ces temps d’hyperpolarisation se sont attelés à rédiger plus de 4 000 notices.

La philosophie du dictionnaire est claire: Deneef et Jaumain sont des "aficionados" d’un dialogue permanent avec la société civile, notamment avec les Brussels Studies, dont "La Libre" se fait le relais tous les mois dans son édition bruxelloise. Pour le mener en connaissance de cause, un dictionnaire historique est évidemment un outil plus qu’utile. Mais avec les moyens du bord disponibles, il leur a fallu naviguer à vue. Et d’aucuns pourraient avoir l’impression d’un goût de trop peu avec l’absence de certains noms que l’on pense incontournables ou, hélas, aussi quelques petites fautes de jeunesse d’une initiative nouvelle. Alain Deneef et Serge Jaumain sont conscients de ces imperfections. Et ont dès lors décidé de transformer positivement ce qui apparaît comme une lacune : un site web(1) a été lancé en même temps que le "dico" et on peut directement y faire part de ses remarques. En fait, ce Dictionnaire d’Histoire de Bruxelles est tout à fait dans la ligne de la Région centrale : un projet en perpétuelle amélioration. On ne va toutefois pas bouder son plaisir : ouvrir le Dictionnaire c’est déjà l’adopter avec le désir d’en savoir toujours un peu davantage sur une ville passionnante

(1) www.dictionnairedebruxelles.be; L’ouvrage est paru aux Editions Prosopon et est proposé au prix de 40 €