Belgique Arben Imishti était apparu sur la vidéo qui confirmait l‘exécution de l’otage américain Peter Kassig (photo d'illustration).

C’était une vidéo de 16 minutes, diffusée par l’Etat islamique le 16 novembre 2014, qui dépassait en sauvagerie et en cruauté tout ce que l’organisation terroriste avait montré jusque-là. Elle montrait la décapitation de 18 pilotes de l’armée syrienne par des djihadistes. Elle se clôturait avec la vue de la tête de l’otage américain Peter Kassig, aux pieds de l’un des bourreaux.

Peter Kassig, ex-ranger de l’armée devenu travailleur humanitaire, avait été capturé par les djihadistes le 1er octobre 2013. Il était le cinquième otage occidental à être décapité selon le même rituel macabre.

La vidéo était ponctuée de menaces contre l’Occident de celui qui avait été surnommé "Djihadi John" et qui sera tué dans une frappe aérienne l’année suivante. Il faisait partie d’un quatuor d’Européens surnommé par les otages occidentaux "les Beatles", en raison de leur accent britannique.

Les services de renseignement occidentaux ont étudié les visages des bourreaux qui apparaissaient à découvert. Des logiciels de reconnaissance faciale ont été utilisés.

Les Belges ont ainsi identifié un homme dont la famille était installée à Schoten, en banlieue anversoise.

Arben Imishti, y procédait à la décapitation d’un soldat syrien. Cet homme est né en 1979 au Kosovo, qui n’était alors qu’une province autonome de la Yougoslavie. Sa famille a rejoint la Belgique en 1994.

Très jeune, Arben Imishti a connu des ennuis avec la justice. Considéré comme un danger pour la société, il a reçu un ordre de quitter le territoire mais a pu rentrer en Belgique il y a une dizaine d’années car sa famille était naturalisée belge.

Il s’est radicalisé et a quitté Schoten pour rejoindre le djihad en Syrie en septembre 2014, soit à peine deux mois avant la réalisation de la vidéo de décapitation. Il aurait employé les réseaux d’un compatriote, installé à Saint-Nicolas, Kastriot Matoshi, pour rejoindre la Syrie.

Financé par sa famille

Les services chargés de l’antiterrorisme ont constaté qu’il restait en contact avec sa mère et sa sœur, à qui il a régulièrement demandé de l’argent pour financer ses achats d’armes et de matériel.

Sa mère et sa sœur ont été condamnées lundi à Termonde à 12 et 8 mois de prison avec sursis pour l’avoir financé. Elles lui avaient envoyé au minimum 9 000 euros.

La mère, Shqipe Imishti, a prétendu qu’un inconnu l’avait appelée de Syrie il y a un an pour dire que son fils est "mort en martyr". Il n’y a pas de preuves. Des djihadistes ont déjà simulé leur mort. Si bien que le parquet fédéral poursuit Arben Imishti pour assassinat d’un soldat syrien dans un cadre terroriste.

Son procès, par défaut, s’ouvre ce jeudi à Malines. Il sera la deuxième personne en Belgique, après Hakim Elouassaki, condamné en février 2017 à 28 ans de prison, à répondre d’assassinat dans un contexte terroriste.