Belgique

Ambiance des grands jours pour un conseil de crise, devant une salle comble hier soir à Charleroi. Le premier depuis que trois des échevins ont été privés de leurs attributions, avec ce coup de théâtre, d'emblée: André Liesse a accepté de démissionner, comme l'a annoncé le bourgmestre Van Gompel, avant de s'en prendre au MR, accusé d'avoir mis sur la place publique le rapport à l'origine du séisme politique carolorégien. Olivier Chastel, le premier, a rappelé pourquoi et comment il avait rendu ce document public. Le conseiller Ecolo Parmentier a lancé: «Vous devez comprendre, dans la majorité, que Charleroi ne vous appartient pas, et si vous refusez de le comprendre, vous servirez la soupe aux ennemis de la démocratie.» Au passage, le conseiller a aussi lancé quelques flèches vers le MR et ses «méthodes inquisitoriales». Pour l'élu vert, les échevins démis ne peuvent rester en place, une opinion partiellement reprise par la chef de groupe du CDH, Anne-Marie Boeckaert, même si, a-t-elle ajouté, elle a toujours pour eux «énormément d'estime». Choc politique et terrible gâchis: ce sont les mots employés par le bourgmestre, dans sa réponse. Pour Jacques Van Gompel, il s'agit de se demander si la SWL a bien pris toutes ses responsabilités. Serge Van Bergen est intervenu à l'adresse d'Olivier Chastel, le tutoyant sans l'épargner, et le qualifiant notamment de «Zorro du logement social». Jean-Claude Van Cauwenberghe, enfin, a qualifié l'intervention de Serge Van Bergen de «pathétique défense désespérée d'un homme blessé». Et de déplorer le niveau des affrontements sous la ceinture. «Je sais que c'est humainement difficile, mais j'abjure Serge Van Bergen et Claude Despiegeleer de démissionner avant que la nouvelle loi ne nous autorise, début 2006, à les démissionner», a terminé, la voix brisée de larmes, le ministre-Président wallon.

© La Libre Belgique 2005