Belgique

Moins de la moitié (45,4 pc) des élèves terminent la 6e secondaire "à l'heure". C'est un des enseignements qui ressortent de l'analyse des taux de retard et de redoublement publiés par la Communauté française et que "La Libre" a pu consulter. Des chiffres guère réjouissants puisque ces taux sont généralement en hausse.

En primaire, c'est surtout en 1ère (6,24 pc) et 2e (5,45 pc) années que les taux de redoublement sont les plus élevés. Probablement en raison de lacunes dans l'apprentissage de la lecture, pense-t-on à la Commission de pilotage de l'enseignement. En 6e primaire, par contre, le taux de redoublement n'est que de 1,95 pc. "Une explication en est que, sauf dérogation, les élèves de 13 ans ou ayant déjà redoublé en primaire passent directement en secondaire" , explique Béatrice Ghaye, chargée de mission à la Commission de pilotage.

33 pc de redoublement en 3e TQ

En secondaire, la situation s'aggrave. Un élève sur 10 redouble sa 1ère; un sur 5 sa 3e et un sur six sa 5e. "Ces taux sont hélas en augmentation , constate Mme Ghaye. C'est assez énorme. En plus, dans ces chiffres, on ne tient pas compte de ceux qui quittent l'enseignement général pour l'enseignement spécialisé. Sur 4 élèves qui terminent la 6e secondaire, 2 sont "à l'heure", le 3e a un an de retard et le 4e a deux ans de retard."

Si l'on affine ces résultats selon le type d'enseignement, on remarque que le professionnel et le technique sont encore moins bien lotis. En technique de qualification, par exemple, un élève sur trois redouble sa 3e année et un élève sur cinq recommence sa 5e. "Cela souligne le problème du choix de l'orientation. Il est difficile de trouver la voie qui convient à l'élève. Un élève sur trois fait peut-être le mauvais choix."

Autre enseignement, constant à travers les ans, les filles réussissent mieux que les garçons. En 6e secondaire, 60,9 pc des garçons sont en retard, pour 48,7 pc des filles. "C'est un constat systématique. Mais ce n'est pas pour cela qu'elles vont plus souvent à l'université" , note Béatrice Ghaye, qui rappelle cependant que la réussite scolaire est un phénomène complexe, difficilement réductible à des statistiques. Des statistiques néanmoins effrayantes.