Belgique

Sans doute, le tirage de la Revue Nouvelle paraîtra-t-il anecdotique à certains de nos "Citizen Kanekes" d'aujourd'hui... mais l'on peut affirmer qu'à l'instar de ses glorieux prédécesseurs, Théo Hachez qui l'a dirigée pendant 14 ans avant de devoir céder le relais emporté par la progression d'une maladie qui ne laisse guère de répit à ceux qu'elle prend dans ses pinces, a rendu ses lettres de noblesse au débat de fond dans une Belgique qui n'aime pas trop les joutes intellectuelles.

Théo Hachez qui est décédé à Schaerbeek le 9 octobre à l'âge de 51 ans avait pris les rênes de la Revue Nouvelle au début des années nonante, s'inscrivant dans la lignée des fondateurs qui tout en étant proches des idées de la gauche chrétienne de gauche n'en développaient pas moins une grande ouverture vers tous les progressistes dans la lignée de Jacques Leclercq, d'André Molitor et de bien d'autres grands noms du mensuel qui ont marqué l'histoire du pays depuis 1945.

Tact et modestie

Comme nous l'a rappelé le directeur actuel de la RN, Luc Van Campenhoudt, le défunt "avait une capacité de décoder comme nul autre les enjeux et les tendances de la politique belge. C'était d'autant plus impressionnant qu'il le faisait avec tact et modestie. En même temps, il avait une grande élégance morale" .

Théo Hachez n'avait pas renoncé aux "fondamentaux" démocrates-chrétiens au sens noble et large du terme de la revue mais il avait réussi à pluraliser cette oasis rare de débats réels en Belgique francophone en ouvrant l'équipe à des penseurs et des chercheurs issus d'autres mondes. Ce qui donnait lieu à des réunions de rédaction vigoureuses et profondes à la fois. Et surtout les semaines suivantes à des livraisons de haute tenue humaniste.

Les funérailles auront lieu ce mercredi 15 à 11h30 en l'église Ste-Suzanne de Schaerbeek.