Belgique

Comment un mouvement réputé sectaire peut-il s'introduire dans une organisation assurément sérieuse comme le Salon Education ? Et est-ce normal de laisser des jeunes gens à son contact ? Samedi, nous l'avons demandé à Frank Léglise, organisateur, au cabinet de Mme Arena (PS), ministre-Présidente de la CF, ainsi qu'au député André Frédéric (PS).

En apprenant la nature exacte de cet exposant, M. Léglise était atterré : "Soyons clairs : le Salon est complet et ne cherche pas de nouveaux exposants (Ndlr : il y en a déjà 220) . Mais, malheureusement, nous n'avons pas tellement la possibilité de vérifier ce genre de choses. Nous demandons les statuts des associations. Ceux que MIVS nous a envoyés ne parlaient pas de tout ça". M. Léglise, un peu pris de court vu les délais, n'avait pas encore fixé sa réaction, samedi. Mais, comme on l'a vu dans le passé, même en matière de mouvement sectaire, les contrats doivent être respectés - à défaut d'être renouvelés... "Oui, nous avons été dupés", estime M. Léglise qui allait en tout cas tenter de limiter l'impact du stand auprès des visiteurs, pour le week-end.

"Sachez en tout cas que, avec mon coorganisateur, nous considérons que c'est une chose parmi les pires qui pouvaient arriver pour le Salon", nous déclarait encore l'organisateur que, manifestement, on ne reprendra plus à ce jeu et qui est tout, sauf complice de Maharishi.

Quant au député André Frédéric, président du groupe de travail de la Chambre sur les sectes sous la législature sortante, il nous déclarait samedi que "c'est une preuve supplémentaire de la diversification du champ d'action des sectes qui, on le sait, s'attaquent au monde de la santé, à la formation professionnelle et ici au monde de l'éducation. C'est la preuve aussi que les organisateurs doivent être extrêmement attentifs à propos des organisations sectaires, car elles avancent à visage couvert".

Le député estime d'ailleurs nécessaire "d'attirer l'attention de Mme Arena afin qu'elle mette en garde les enseignants" contre le phénomène et contre ce cas particulier. "Ce mouvement installé à Plombières est très actif", dit encore M. Frédéric, "et cherche d'ailleurs à s'implanter largement à Nil-St-Vincent (Walhain), au grand dam des habitants de la région". Lesquels combattent avec force cette arrivée.

La porte-parole de Mme Arena nous a répondu dimanche : "Nous subsidions bien le Salon, à hauteur de 10 000 €, mais la Communauté française n'est en rien responsable du choix des exposants". Certes.