Belgique

Arthur N., l'une des figures de proue d'une bande qui, durant plusieurs années, a produit d'importantes quantités de MDMA, s'est livré lundi à la police fédérale d'Asse, indique le parquet fédéral, confirmant ainsi une information de la VRT. 


Arthur N. figurait sur la liste "Most Wanted" de la police fédérale et faisait partie des 21 criminels européens les plus recherchés auxquels Europol avait adressé une carte postale à l'été 2017 dans le but de les retrouver. Les douze membres de la filière de production et de vente de stupéfiants formaient, selon la cour d'appel de Bruxelles, une organisation criminelle avec des ramifications en Belgique, Pologne et Turquie. Durant plusieurs années, cette organisation a produit et vendu à grande échelle de la MDMA, un composant servant à la fabrication de l'ecstasy. Elle possédait deux laboratoires, l'un situé chaussée de Louvain à Vilvorde où était produit du PMK, un composant qui entre dans la fabrication de la MDMA. Une ferme de Chimay abritait le deuxième laboratoire où était fabriqué le PMK.

Lors du démantèlement de la bande en août 2013, la police avait découvert dans cette ferme près de deux tonnes de MDMA, la plus grosse saisie jamais opérée en Europe de l'Ouest de ce type de stupéfiant. En l'espace d'une année, la bande avait produit de la MDMA pouvant servir à la fabrication de 76 à 117 millions de pilules d'ecstasy.

L'enquête qui a conduit au démantèlement de la bande, ne s'est pas déroulée sans mal. Les laboratoires n'étaient ainsi pas constamment actifs mais ne produisaient de la MDMA que lorsque les chefs de l'organisation criminelle en donnaient l'ordre. La bande faisait également beaucoup usage de noms de code et d'un langage codé, changeait sans cesse de GSM ainsi que de numéros de téléphone, et communiquait souvent via Skype. Lors des transports de drogue vers Montpellier notamment, elle utilisait trois voitures: une première qui servait à la reconnaissance de la route, une deuxième au transport des stupéfiants et une troisième à détecter d'éventuelles poursuites de véhicules de police.

Le 22 août 2013, la police judiciaire fédérale (PJF) d'Asse a finalement perquisitionné 21 adresses dans les régions d'Anvers, Bruxelles, Charleroi, Nivelles, Hasselt, Mons et Turnhout. Cette action judiciaire s'est effectuée plus tôt que prévu car les enquêteurs de la PJF d'Asse avaient appris la veille qu'à la suite d'une fuite, la bande était au courant de l'enquête. Trois de ses membres ont échapper aux forces de l'ordre grâce à cette fuite mais deux d'entre eux ont été interpellés ultérieurement.

En novembre 2014, douze suspects avaient été condamnés à des peines de prison allant de 1 à 15 ans. Arthur N. n'était pas présent à ce procès puisqu'il était en cavale mais y était représenté par ses avocats.

L'été dernier Europol avait lancé une campagne au cours de laquelle des cartes postales étaient envoyées via les réseaux sociaux aux criminels en cavale les plus recherchés du continent. Chaque pays pouvait envoyer une carte à un fugitif et la police belge avait adressé la sienne à Arthur N. avec pour texte: "Cher Arthur, les frites belges sont les meilleures et nous savons qu'elles te manquent. Reviens et savoure-les, nous en avons également une belle surprise pour toi. A bientôt, la police fédérale."

On ignore si cette carte postale a convaincu Arthur N. mais lundi matin, l'homme s'est rendu à la police judiciaire fédérale d'Asse.