Belgique

reportage

Bruxelles multiculturelle, c’est un petit peu comme Manneken-Pis ou l’Art Nouveau. Un label, du même ordre que celui de capitale de l’Europe, que la ville et ses habitants se plaisent à mettre en avant comme l’une de ses forces et de ses richesses.

Un label pas tout à fait dénué de fondement. Celui qui habite aujourd’hui la capitale et utilise régulièrement son réseau de transports en commun ne pourra d’ailleurs que constater le nombre de langues différentes que l’on y entend parler chaque jour. Et si seuls le français et le néerlandais peuvent se targuer du privilège d’un statut de langue officielle dans la ville-région, les bus, les trams et métros qui l’arpentent chaque jour n’en sont pas moins devenus depuis longtemps de véritables tours de Babel ambulantes. Une réalité qui offre au visiteur l’image d’une ville cosmopolite, reflet peut-être de l’Europe moderne dont elle entend être la vitrine. Attention toutefois de ne pas confondre cosmopolitisme avec brassage des cultures.

Gibraltar

Nous sommes Porte de Flandre, le long du canal, qui sépare Bruxelles-Ville de Molenbeek-Saint-Jean. Au Moyen Age, cet endroit était, comme son nom l’indique, l’un des sept points d’entrée qui permettaient de passer la muraille qui protégeait alors la ville contre les ennemis extérieurs. Mais de la belle tour de pierre qui la surplombait alors ne subsiste aujourd’hui qu’un petit pont sans prétention qui relie la rue Antoine Dansaert à la chaussée de Gand.

Relie... ou sépare, tant le contraste entre les deux rives est saisissant. Pour le novice ou le visiteur non averti qui s’y risquerait, quitter le zinc du "Walvis" et franchir le pont équivaudrait presque à traverser le détroit de Gibraltar.

D’un côté, les vitrines des stylistes, magasins chics et bars branchés du quartier du centre, à un jet de pierre de la Bourse et des Halles Saint-Géry. De l’autre, le quartier populaire de Molenbeek Saint-Jean.