Un non bigarré au Belang

J.-C.M. et R.P. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Signe des temps: c'est par le biais d'Internet et par l'envoi de nombreux SMS que, selon les manifestants eux-mêmes, un collectif informel composé de membres du PTB (Parti des travailleurs de Belgique, à l'extrême gauche), de sympathisants du Mrax (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie) ainsi que de simples citoyens a lancé un rassemblement anti-Vlaams Belang, dimanche à Bruxelles.

Si les idées du parti extrémiste ont été conspuées d'abondance, son siège (à 20 mètres du rassemblement de départ, la place Madou ayant été choisie à dessein) n'a finalement été protégé par des chevaux de frise qu'en vain.

Nulle violence parmi ceux qui ont aussi observé une minute de silence en mémoire des victimes abattues par Hans Van Themsche, jeudi, à Anvers.

Van Themsche, dont plusieurs membres de la famille appartiennent au Vlaams Belang...

Entre 1 500 et 5 000

A 15 heures, au début du rassemblement, les mégaphones ne hurlaient -dix fois plus en français qu'en néerlandais, ce qui peut surprendre vu les circonstances- que pour 250 manifestants.

Finalement, ils étaient entre 1 500 (selon la police) et 5 000 (selon les organisateurs) à entamer ensuite une marche pacifique et très calme vers la gare centrale (selon un itinéraire qui rappelait celui emprunté voici trois semaines par les 80 000 participants à la marche d'hommage à Joe Van Holsbeeck, tué pour son MP 3). La manifestation s'est disloquée vers 17 heures, sans incidents.

Une foule bigarrée -femmes, enfants et hommes de toutes origines- arborait des slogans allant du «Qui sème le racisme récolte des assassins» au «Elles voulaient simplement vivre» en passant par «Le Vlaams Belang tue».

«Vlaams Belang buiten»

On apercevait en son sein des personnalités de divers horizons, artistes, avocats célèbres mais aussi quelques politiques dont certains ont demandé que l'on prive le Vlaams Belang de sa dotation, que l'on régularise les sans-papiers (il y en avait pas mal parmi les manifestants), que l'on ferme le bureau occupé par le VB dans une commune, Saint-Josse, habitée à 72 pc par des allochtones. «Vlaams Belang buiten» se sont mis à scander les manifestants, dont certains arboraient des pancartes en forme de cible avec comme slogan: «Nous sommes tous des étrangers».

«L'immigré, l'allochtone et l'autochtone ont été visés» expliquait Ali Guissé, porte-parole de l'Union de défense des sans-papiers.

«Le Vlaams Belang est indirectement responsable», estimait Diop Alioune, président de l'Association sénégalaise de Bruxelles.

«Le cordon sanitaire ne suffit plus, il faut aller au-delà» affirmait l'échevin bruxellois CDH Bertin Mamapaka.

La députée fédérale Ecolo Marie Nagy disait espérer que le drame influencera la question du financement des partis d'extrême droite. «Cela fait des années que notre parti dénonce la politique menée par le Vlaams Belang, qui déteint sur les autres partis et qui a un impact auprès des médias et de la société. Aujourd'hui, j'ai l'espoir que l'on va enfin se rendre compte que ce parti fondé par la haine n'est pas comme les autres», a-t-elle déclaré.

Pétition

Une pétition, initiée par «Blokwatch», un collectif de surveillance des partis d'extrême droite, s'offrait ainsi non sans succès à réunir des signatures pour qu'il n'y ait «plus un euro pour le racisme», une allusion directe au financement public du Belang.

Mais bref, le chef de corps de la zone de police, David Yansenne, a pu laisser ses hommes se consacrer au seul encadrement du cortège, les choses gardant un tour pacifique.

© La Libre Belgique 2006

Publicité clickBoxBanner