Belgique

Samedi, 14h30, palais des Congrès de Liège, ce n’est pas la foule des grands jours qui se presse pour assister au congrès "de refondation" du Parti populaire. A peine 100 militants ont fait le déplacement pour se prononcer sur la nouvelle structure et sur le nouveau programme dudit PP. Le parti, en pleine tourmente après les retentissantes évictions de son co-président, Rudy Aernoudt, et de son unique député, Laurent Louis, entend bien redresser la barre.

Le président Mischaël Modrikamen, désormais seul aux commandes, fait son apparition peu avant 15 heures, accompagné des membres de son bureau politique. Il salue ses fidèles et monte sur la scène de la salle Charles Rogier pour présenter "l’ADN politique", les 20 priorités du Parti populaire nouvelle génération. La salle Rogier, justement, du nom de cet ancien ministre liégeois qui participa à la Révolution de 1830, Mischaël Modrikamen y voit un signe : "Nous qui sommes un parti de rupture, un parti révolutionnaire, quel symbole !", s’exclame le président Devant l’auditoire clairsemé et un peu amorphe, il passe en revue les grands points de son programme. Rien de nouveau sous le soleil : le PP, c’est toujours "Travail-Famille-Patrie" à la sauce confédéraliste, sécuritaire et libérale. Priorité au travail, maîtrise de l’immigration, réduction des impôts, tolérance zéro, lutte contre l’islamisation ("No Pasaran", martèle-t-il), promotion des valeurs familiales et du civisme toute la panoplie du discours de la droite musclée est là.

Au passage, Mischaël Modrikamen en profitera pour lancer quelques piques, aux écologistes et à leurs "discours catastrophistes sur la dégradation de l’environnement" (on est plutôt climato-sceptique et pro nucléaire, au PP) ou, bien sûr, aux récents bannis du parti, même si leurs noms ne seront jamais cités. "Je fais ici mon mea culpa : j’ai péché par naïveté. La lumière, ça attire les gens bien mais aussi les carriéristes, les opportunistes. Nous avons donc dû faire le ménage et nous débarrasser des scories."

On veut y croire, au PP. "Nous avons subi, pendant cette première année, un feu nourri. Mais ce feu nourri nous a aguerris, déniaisés", lance Mischaël Modrikamen. L’orateur suivant aura même une comparaison audacieuse : il voit une similitude entre le PP et Léonidas, qui tint en échec la puissante armée perse avec seulement 300 hommes. Mais attention, n’oublions pas que le roi de Sparte y avait laissé la vie