Belgique

Jusqu’ici, ce jeune Liégeois participait activement à son procès. Il devait à nouveau comparaître, mercredi, aux côtés d’un autre prévenu, devant le tribunal correctionnel de Liège, dans le cadre d’une importante affaire de braquages.

Mais il ne s’est pas présenté à l’audience et le tribunal a rendu "un jugement sur les bancs" dans lequel il a constaté l’impossibilité de juger le dossier.

Le prévenu, par ailleurs auteur d’une tentative d’évasion en décembre 2017, a-il fait faux bond à ses juges et à ses avocats par défi ou par paresse ? N’y avait-il personne pour le transférer de la prison de Saint-Gilles au palais de justice de Liège ? Non pas.

La raison est à chercher dans la grève des surveillants de prison. A la suite de cette grève, le prévenu n’a pas pu disposer de ses vêtements "civils" et il aurait dû se rendre à l’audience en habits de prisonnier. Ce qu’il a refusé.

Il n’a pas donc voulu être extrait de sa cellule et en a signifié verbalement la raison aux policiers qui remplacent les gardiens.

Ses avocats auraient pu le représenter mais ils se sont étonnés de son absence car leur client participait activement à son procès.

Ni une futilité, ni un caprice

Après avoir sollicité des informations en provenance de la direction de la prison, le tribunal a appris que le détenu subissait les conséquences de la grève des gardiens de prison et qu’il n’avait pas eu l’opportunité de disposer de ses vêtements civils pour comparaître.

Le parquet a estimé que cette question était "une futilité", mais la défense a soutenu, de son côté, que leur client avait été privé d’un droit fondamental dans le cadre de sa comparution.

Les juges ont finalement suivi le raisonnement des avocats. "Il ne s’agit pas d’un caprice de vouloir porter des vêtements civils mais d’un droit reconnu à chaque prévenu", ont-ils souligné.

Le réquisitoire et les plaidoiries ont été reportés au 5 septembre.