Belgique Le dispositif fournit connaît de nombreuses défaillances. Selon Infrabel, Siemens ne réagit pas.

Un retard de 1 h 40 chaque jour au cours du premier trimestre. Un retard dont la responsabilité incombe, pour Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire, à Siemens, son fournisseur.

Depuis mai 2017, Siemens installe des compteurs d’essieux, un dispositif permettant de localiser les trains sur les voies et donc indispensable au bon fonctionnement des feux de signalisation. Or, peu de temps après leur mise en place, les dysfonctionnements se sont multipliés. Et les retards aussi. En trois mois, Infrabel a compté 125 incidents aux compteurs d’essieux, soit plus d’un par jour.

Ce qui conduit aujourd’hui l’entreprise à pousser un coup de gueule, c’est le manque de réactivité du géant Siemens. "Lorsque le constat du manque de fiabilité des dispositifs AC100 a été dressé, fin 2017, Infrabel a pris contact avec Siemens en exigeant une étude urgente des problèmes rencontrés. Quatre mois plus tard, Siemens est toujours incapable de fournir une solution structurelle ou, à tout le moins, un plan d’action. En prime, les équipes de garde de Siemens, censées intervenir en urgence, manquent de réactivité, ce qui aggrave les conséquences des défaillances", fustige Infrabel.

Limiter les conséquences pour les voyageurs

Siemens rétorque que "le planning de résolution des problèmes est influencé par la complexité des différents aspects techniques. Siemens fait tout pour maintenir l’implémentation des solutions aussi rapidement que possible." Mais l’explication ne satisfait pas Infrabel, qui parle de "crise de confiance". "A ce stade-ci, la priorité est donc de limiter les impacts pour les voyageurs. Nous avons besoin de garanties et d’un plan d’action", précise Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel.

En effet, les nombreux retards occasionnés sur le rail, les défaillances des compteurs d’essieux constituent un véritable problème de sécurité : ce matériel est indispensable pour la mise en place du système européen de contrôle et de sécurité des trains (ETCS). En 2014, le marché de l’ETCS avait été remporté par Siemens pour 510 millions d’euros.

Cent compteurs d’essieux ont déjà été installés. D’ici la fin 2022, il en faudra 600. "Pour le moment, c’est gelé. Nous refusons que Siemens installe de nouveaux compteurs d’essieux tant qu’ils n’ont pas trouvé de solution structurelle", indique encore Frédéric Sacré.