Belgique

L’auto-sabordage de la Commission pour le traitement des plaintes et abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale n’est assurément pas une bonne nouvelle. On devine en effet le désarroi de nombre de ceux qui avaient trouvé dans cette instance un lieu pour témoigner de leur souffrance actuelle ou ancienne, avec la garantie que leur démarche resterait confidentielle et qu’elle ne serait donc pas connue, ni de la justice, ni de leurs parents, ni de leurs propres enfants. Ils se retrouvent trahis et pleins de craintes pour l’avenir. Un sentiment qui s’ajoute au drame personnel qu’ils ont vécu.

Avoir été abusé sexuellement, mais aussi affectivement, souvent pendant longtemps, doit en effet être une épreuve terrible, dont on ne se remet pas - ou très difficilement - malgré les années qui ont passé. Les auteurs de tels abus, surtout s’ils exerçaient une autorité morale ou psychologique sur leurs victimes, sont des individus méprisables qui ne méritent aucune circonstance atténuante. Et l’Eglise ne peut en aucun cas être absoute si, comme on le soupçonne fortement, elle a essayé de couvrir pareils crimes pour ne pas ébranler l’institution.

Mais à partir du moment où le nouvel archevêque a envoyé un signal fort avec la démission imposée de l’évêque de Bruges, on pouvait penser que l’impunité était terminée. En témoignent d’ailleurs les 475 personnes qui, dans la foulée, se sont manifestées. Quoi qu’en disent certains, méfiants ou a priori suspicieux, la commission Adriaenssens constituait un sas précieux, et sans doute irremplaçable.