Belgique

Il fallait quelque audace pour lancer en ces temps de contestation de l’Eglise tant interne qu’externe un synode diocésain qui donnera la parole aux clercs mais aussi aux laïcs. Et cela dans un diocèse largement décléricalisé. L’évêque de Tournai a décidé de relever le défi, question sans doute aussi de se défaire une fois pour toutes d’une image de marque autoritaire qui lui colle à la peau après une double mise à l’écart de deux de ses collaborateurs de manière vraiment trop expéditive. Mais bon, c’est le passé et la "namurisation" tant redoutée par d’aucuns n’a pas eu lieu.

A l’occasion d’une rencontre avec la presse à l’ombre de la cathédrale Notre-Dame, Mgr Harpigny a officiellement porté le synode sur les fonts baptismaux. Signe des temps postconciliaires : depuis Vatican II, un tel synode n’est plus réservé aux seuls prêtres mais s’ouvre aussi aux laïcs et c’est donc entouré de deux secrétaires généraux non clercs - Philippe Fortemps, professeur de mathématiques à l’université (laïque) de Mons qui est certes diacre, et Pascal Mutumbo qui travaille à l’évêché comme économe - que l’évêque a tracé les grandes lignes dudit synode.

Il sera lancé pour les fidèles lors de trois cérémonies inaugurales à Tournai, Charleroi et Mons début février 2012 et devrait se terminer à l’automne de 2013 par la présentation de ses conclusions sous forme de décrets par Guy Harpigny.

Sa particularité est d’être une "première" en Belgique. Etonnant car depuis le concile, il y a eu quelque 800 synodes diocésains dont 120 en Italie et 70 en France. Certes, les diocèses belges ont parfois emprunté d’autres voies : l’on se souvient de l’assemblée diocésaine de Nassogne dans celui de Namur dans les années 1980 ou encore de la démarche de Reliance dans le Brabant wallon voire des Chemins d’Eglise déjà dans le diocèse de Tournai dans les années 1990. Qui plus est, les catholiques flamands ne sont pas en reste : actuellement, Anvers entreprend aussi un vaste "remue-méninges" du genre sans pour autant être un synode. Le synode diocésain est en fait préparé depuis quelques mois par un comité de pilotage où les laïcs ont aussi largement leur place et où ils sont plus nombreux que les clercs. Après la phase de sensibilisation qui est en cours, la consultation proprement dite commencera en février. Cela se traduira par la mise en place d’équipes synodales qui réfléchiront aux thèmes proposés par l’évêque - voir par ailleurs Le 22 septembre de l’an prochain marquera la "célébration" du synode proprement dit. Entendez : la mise ensemble des propositions qui seront délibérées lors d’assemblées synodales jusqu’en mai 2013. Enfin, à l’automne 2013, l’évêque traduira les recommandations issues du synode en actions et orientations pastorales. Certes, le synode n’est que consultatif mais Mgr Harpigny a précisé que "ce serait malhonnête de sa part de ne pas tenir compte des souhaits émis".

Rens. : www.synode-tournai.be