Belgique Jean-Philippe Mathieu, alias "Jean la Frite", avait tenté sa chance aux Etats-Unis après le procès d’assises de 2008.

Jean-Philippe Mathieu, témoin protégé du procès Marcel Habran et consorts, a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Liège à quarante mois de prison avec sursis pour ce qui dépasse la préventive pour son implication dans un trafic de stupéfiants.

Aujourd’hui âgé de 46 ans, Jean-Philippe Mathieu était à la tête de la méga-plantation de cannabis (quelque 3 500 plants) découverte, en 2003, dans une pièce aménagée sous un terrain de tennis à Hamoir appartenant à ses parents. Cela reste, encore aujourd’hui, l’une des plus grandes saisies de plants de cannabis. Jean-Philippe Mathieu avait évolué dans la mouvance de la bande de Marcel Habran. Il était considéré comme un jeune truand qui faisait ses armes auprès de bandits confirmés.

Mais Jean-Philippe Mathieu, informé des agissements de la bande et notamment de coups en préparation, était devenu l’un des témoins protégés de la justice belge lors de l’enquête.

Jean-Philippe Mathieu avait été surnommé "le cave" par Habran en raison de son manque de charisme et de fiabilité. Comme dans le film éponyme, il s’était rebiffé.

Un témoin protégé menacé

Il était venu témoigner à plusieurs reprises au cours du procès devant les assises de Liège en 2008-2009. Il avait été l’objet de menaces. A la veille de sa première comparution, des inconnus avaient incendié sa camionnette qui était stationnée devant son domicile. Après le procès, il a pris le chemin des Etats-Unis en 2010. Destination la Floride, où cet homme qui avait le sens des affaires avait ouvert un restaurant à Miami Beach. Sous l’enseigne "Jean la Frite", il proposait aux Américains, à côté des carbonades flamandes, des plats emblématiques de la cuisine belge comme la "fricadelle" ou la "mitraillette".

Son aventure aux Etats-Unis tourna court après une incarcération pour des violences conjugales.

De retour en Belgique, Jean-Philippe Mathieu a replongé. Il a été arrêté en 2015 pour trafic de stupéfiants. Vendredi, le tribunal correctionnel n’a retenu qu’un des volets à sa charge : l’exportation de 1 500 pilules d’ecstasy et de médicaments vers les Etats-Unis.