Belgique L’intention est d’organiser, en cas de grève, une offre de transport avec les cheminots non grévistes. Sans garantie…

C’est un des dadas du ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), qui a la tutelle sur la SNCB : assurer un service minimum aux voyageurs du rail en cas de grève des cheminots. Le conseil des ministres a approuvé jeudi, en deuxième lecture, l’avant-projet de loi qui organise cette offre minimum en cas de grève dans les chemins de fer - un point qui figure dans l’accord gouvernemental de l’équipe Michel.

Cette seconde version tient compte des remarques formulées par le Conseil d’Etat. Elle instaure un mécanisme de déclaration d’intention préalable aux grèves pour chaque membre du personnel appartenant à une catégorie professionnelle opérationnelle considérée comme essentielle.

Les travailleurs concernés devront ainsi communiquer leurs intentions de se présenter, ou pas, à leur poste au plus tard 72 heures avant le début de la grève. Si l’action est prévue pour plusieurs jours, les grévistes devront communiquer leur éventuelle intention de reprendre le travail au moins 48 heures à l’avance.

François Bellot espère ainsi pouvoir offrir "la meilleure offre de transport disponible en fonction du personnel disponible" et la communiquer aux usagers au moins 24 heures à l’avance. Le texte devrait passer prochainement pour approbation au Parlement, selon le ministre.

Pas de réquisition

Il n’y aura pas de mise au travail obligatoire des grévistes. "Je ne vais pas vers la réquisition. C’est, je pense, une ligne qu’on n’a jamais franchie en Belgique et que je ne souhaite pas franchir. Le service sera proportionnel au nombre d’agents qui, volontairement, se seront déclarés aptes au travail", a précisé le ministre MR à l’issue du conseil.

Bref, c’est un tout petit service minimum, sans aucune garantie qu’un nombre signifiant de trains pourront rouler les jours de grève. L’association de voyageurs Navetteurs.be émet d’ailleurs "la plus grande réserve" sur la mise en place d’un service garanti, basé sur un minimum de personnel et de matériel roulant, tant en termes de sécurité que de confort. "Les récents incidents sur le réseau et la suppression de nombreux trains ont démontré le chaos que pourrait engendrer la mise en place d’un service minimum avec notamment des trains bondés engendrant un inconfort et des risques pour la sécurité des voyageurs", commente Gianni Tabbone, porte-parole de l’association.

L’association craint également moins de flexibilité pour les travailleurs devant se rendre sur leur lieu de travail sous prétexte que certains trains circulent.

Du côté syndical, on n’est pas plus positif. Pour l’ACOD, pendant flamand de la CGSP cheminots (socialiste), ce projet de service minimum reste une "attaque à l’encontre de la concertation sociale et du droit de grève".