Un train de vie somptueux dès 2001

Philippe Mac Kay Publié le - Mis à jour le

Belgique

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Selon l'agence Belga, les trois échevins impliqués dans le dossier de la société de logement de service public (SLSP) "La Carolorégienne" ont démissionné, selon le journal télévisé de mi-journée de la RTBF.

Ce qui a été rendu public il y a quelques jours à propos de «La Carolorégienne» n'était-il que la partie émergée d'un vieil iceberg? «Vivacité», la radio de la RTBF à Charleroi, a divulgué hier matin les grandes lignes du premier rapport d'audit de 2002 et qui concernait la gestion de la société de logements sociaux la plus importante de Charleroi, en 2001. Elles ont de quoi susciter de nombreuses interrogations quant au mode de gestion des responsables d'alors... qui sont encore, pour partie au moins, ceux d'aujourd'hui.

Curieusement, il n'avait jamais été rendu public. Quelques chiffres, donc: en frais de restaurant, Claude Despiegeleer est épinglé pour avoir dépensé 730000 francs en un an et 400000 francs en vins, sans compter 100000 francs de fleurs. Son collègue échevin André Liesse, en charge des Affaires économiques est président de «La Carolorégienne» depuis juin 2001. Or, note l'audit, André Liesse s'est fait rembourser des notes de restaurant de l'année 2000, et donc sans rapport aucun avec sa fonction présidentielle. On évoque encore quelques autres libéralités, destinées à l'ex-sénateur Francis Poty, via une asbl que subventionnait «La Carolorégienne».

Ils ne doivent pas partir

Les réactions se sont multipliées tandis que des perquisitions agitaient le siège de la société. Le bourgmestre Jacques Van Gompel a convoqué d'urgence une conférence de presse, évoquant «une situation difficile qui ne le réjouit pas», avant de situer «La Carolorégienne», société coopérative qui brasse un chiffre d'affaires de 17,5 millions d'euros, mais sur laquelle «la ville n'a pas de droit de regard: c'est la SWL et la Région qui la contrôlent». Quant à l'audit de 2002, Jacques Van Gompel a bien dû avouer que jamais il ne l'avait reçu, en concédant que «si ce que la radio avait dit était vrai, c'était inacceptable».

Faut-il couper des têtes et singulièrement celle de l'administrateur-délégué Claude Despiegeleer, à ce titre ou en tant qu'échevin? «Pas du tout, ils doivent être là pour pouvoir répondre aux investigations», a répliqué le bourgmestre, avant d'ajouter que «pour la suite, ce sera autre chose».

Quant aux éventuelles sanctions, il a demandé une convocation urgente de l'Union socialiste communale «afin de prendre les décisions indispensables». Jusqu'où peuvent-elles aller? «Jusqu'à la démission!». En tant que responsable de la Carolo ou comme échevin? «Ce n'est pas à moi de décider!». En attendant et même si la ville n'a aucun pouvoir de contrôle sur «La Carolorégienne», le bourgmestre a tout de même donné quelques indications: il faut diminuer le nombre d'administrateurs et y admettre des élus de l'opposition. D'ici là, et il a l'a dit avec une force non exempte de lassitude, Jacques Van Gompel en a assez d'être la cible, qu'on se le dise.

Claude Despiegeleer, actuellement en mission à l'étranger, a répliqué par communiqué, justifiant ses frais par les nécessités d'une fonction qui l'a conduit à de nombreux déplacements à l'étranger, et par des obligations de fin d'année. Mais surtout, à ses yeux, tout cela relève du «complot politique». Un complot que le CDH et le MR sont venus enrichir encore hier, après Ecolo, en demandant sa démission et celles des autres échevins administrateurs de «La Carolorégienne».

© La Libre Belgique 2005

Philippe Mac Kay

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