Belgique

Mauvais présage pour le syndicat socialiste, à l'encontre duquel les événements se succèdent à un rythme soutenu: la justice bruxelloise a ouvert jeudi une seconde `instruction FGTB´, évidemment tombée en les mains du juge Michel Claise, déjà responsable de la première. Le signe d'une extension de la suspicion: si les faits concernés étaient exactement du même ordre que ceux à l'origine de l'ouverture de la première instruction, ils y auraient été versés.

Qui a dénoncé?

On ne connaît pas avec certitude, à ce stade, le détail des griefs qui ont été énoncés contre l'(ex) secrétaire de l'interrégionale bruxelloise, Anne-Marie Appelmans - car en fait ce deuxième dossier est ouvert directement à sa charge. Mais ils correspondent à des préventions de faux, d'usage de faux et d'abus de confiance, nous a confirmé le parquet de la capitale.

Bien sûr, ceci ne signifie nullement que Mme Appelmans est inculpée, ce qui serait de toute manière impossible vu la brièveté du délai. Il n'empêche, c'est la douche glacée pour l'(ex) secrétaire générale: licenciée mercredi, mise sous enquête jeudi... Deux effets d'une même cause, peut-on penser car, si la certitude fait défaut, il est néanmoins très probable que les soupçons désormais judiciaires correspondent aux doléances entretenues contre Mme Appelmans par la FGTB, telles que rendues publiques mercredi, en l'occurrence `de curieux et importants transferts financiers au profit d'une coopérative de construction, Move&Fix, qui a évolué vers une société commerciale dont Anne-Marie Appelmans reste gestionnaire´, dixit le syndicat. Les flux? Plus de 420000 euros.

Vraisemblable, vraiment, puisque nous avons appris que la nouvelle instruction découle d'une dénonciation qu'on nous donne à très bonne source pour provenir, via un avocat, de la tête du syndicat lui-même. Et nous ne balayerons pas cette version même si Mia De Vits, la présidente de la FGTB, nous a pour sa part assuré que `nous n'avons pas déposé de plainte (NdlR: nous citions le mot dénonciation) mais il est vrai que beaucoup de personnes se sont plaintes, même dernièrement, auprès de nous, aussi bien des personnes du service que d'autres qui l'ont quitté. Moi, je ne sais pas ce que ces personnes ont fait ensuite...´ Et l'avocat? `Je ne suis pas au courant de quoi que ce soit à cet égard.´

Mais peu importe, à la limite, d'où le coup est parti: l'orage était dans l'air, après des déclarations du type de celles faites publiquement mercredi. Et toujours est-il que voilà deux volets distincts - qu'on baptisera `Faust´ et `Appelmans´ - visant le fonctionnement financier de la FGTB bruxelloise, trois personnes restant en détention provisoire dans le premier.

Du rififi assuré, certes, d'autant que Mme Appelmans a annoncé une conférence de presse pour ce vendredi - avant, toutefois, que soit née la nouvelle instruction. Mais ce n'est pas la première fois que le syndicat subit de semblables soubresauts. En 1993, c'était à la régionale d'Anvers (d'où la mise sur pied d'un contrôle interne, l'année suivante). En octobre 1997, le président de la centrale d'alimentation était licencié puis jugé pour avoir puisé dans la caisse. En novembre 2000, le comptable de la régionale de Verviers et sa secrétaire interprofessionnelle étaient également `virés´, pour des soupçons similaires.

© La Libre Belgique 2002