Belgique

Quatorze trains ont été supprimés depuis ce vendredi matin à la suite d'une action spontanée de conducteurs du dépôt de Welkenraedt, en province de Liège, a indiqué vers 13h00 un porte-parole de la SNCB. Le nouveau syndicat du rail (non reconnu) Metisp-Protect a fait savoir qu'il soutenait le mouvement et que celui-ci pourrait s'étendre dans le courant de la journée. Les autres syndicats ne le cautionnent pas. Le mouvement de grève a été déclenché vendredi matin par des conducteurs du dépôt de Welkenraedt affiliés ou non à plusieurs syndicats. La CGSP Cheminots a réfuté en être à l'origine.

D'après Metisp-Protect, un syndicat récemment fondé par d'anciens délégués de la CGSP Cheminots, l'action pourrait s'étendre dans le courant de la journée même si certains travailleurs ont peur des sanctions qu'ils encourent. Il apportera son "aide juridique" à ses éventuels affiliés sanctionnés, affirme-t-il.

De son côté, la SNCB déplore que la clientèle n'ait pas été avertie et soit la première victime de cette grève sauvage.

Le mécontentement provient d'un accord survenu mercredi en sous-commission paritaire et approuvé par la CSC Transcom et le SLFP en vue d'une revalorisation salariale du poste de conducteur de train, revalorisation qui s'accompagnerait d'une nouvelle hausse de la productivité.

Le CGSP Cheminots n'a pas donné son accord car elle veut d'abord consulter sa base. La proposition doit encore être formellement approuvée le 11 juillet prochain, mais une majorité des deux tiers suffit et les voix du syndicat socialiste ne sont donc pas forcément nécessaires à son entrée en vigueur.

"La CSC Transcom et le SLFP n'ont pas consulté leurs bases. Il y a des avancées dans le texte mais les conducteurs refusent la hausse de productivité. De plus, la SNCB parle d'un accord alors que beaucoup d'éléments doivent encore être négociés. Pas mal de conducteurs se sont sentis grugés, dupés", déplore Etienne Hoet, vice-président de Metisp-Protect.

Pour ce syndicat dont le nombre d'affiliés ne lui permet pas de participer à la concertation sociale, l'action est "le reflet du peu de confiance et de la colère des conducteurs dirigée contre les organisations syndicales reconnues qui ont participé aux négociations et/ou signé" l'accord.

En mai, Metisp-Protect avait déposé un préavis de grève sur ce dossier mais HR-Rail, l'employeur juridique du personnel des chemins de fer, l'avait déclaré irrecevable.

La CGSP Cheminots "comprend" le mouvement, qui met la CSC Transcom et le SLFP sous pression, analyse son président national, Michel Abdissi. "On comprend les mécontents, mais de là à couvrir la grève, non! Il n'y a pas eu de préavis. Donc seul le directeur général de HR-Rail peut dire s'il s'agit d'une grève émotionnelle (ce qui permet de ne pas punir les grévistes, NDLR)", souligne-t-il, s'interrogeant sur la position de Metisp-Protect.

"La proposition comporte des éléments positifs en matière de bien-être et de salaire", considère M. Abdissi. Face à "l'exode des conducteurs de train" vers des opérateurs privés qui les payent mieux, la direction a consenti à une revalorisation salariale. "Mais en échange, elle demande encore une hausse de productivité, en plus de toutes celles déjà consenties", regrette-t-il. Avant de prendre attitude, le syndicat socialiste consultera sa base d'ici au 11 juillet, "comme promis".

Le Syndicat autonome des conducteurs de trains (SACT) a lui déclaré partager la déception des grévistes. Mais il ne cautionne pas une initiative "qui ne respecte pas les procédures" et a pris les navetteurs par surprise, d'après son porte-parole Olivier Jardez.