Belgique

L’heure de la disparition des courriers postaux et autres recommandés en provenance de l’administration n’a pas encore sonné, mais un nouveau pas dans cette direction vient d’être franchi ce 31 octobre, avec la mise en ligne de l’"eBox", service de communication électronique entre le citoyen et les administrations liées à la Sécurité sociale belge. Disponible sur le site Web de la Sécu (1), cette nouvelle application doit permettre un échange sécurisé d’informations entre le public et les différentes institutions.

Une fois le citoyen enregistré sur le portail, au moyen de sa carte d’identité ou de son numéro national, celui-ci pourra envoyer et recevoir diverses informations, de manière sécurisée et sans passer par l’envoi de documents par voie postale. Le service n’en est toutefois qu’à ses débuts, et seuls l’Office national de l’emploi (Onem) et l’Office national des vacances annuelles (ONVA) ont d’ores et déjà décidé de l’utiliser. De la manière dont les institutions et le public suivront, dépendront le succès de l’"eBox" et les économies que le dispositif engendrera.

"C’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule , commente Frank Robben, l’administrateur général de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale. Plus il y aura de citoyens pour l’utiliser, plus nombreux seront les administrations ou les autres organismes (mutuelles, caisses d’allocations, ) qui souhaiteront y recourir. Et vice-versa. Afin de limiter les erreurs de jeunesse, nous avons choisi de commencer petit, avec des documents de l’Onem ainsi que des liens vers des applications personnalisées (par exemple pour planifier son interruption de carrière). Mais d’autres services de la Sécu se montrent intéressés. Et l’on sait que la justice, le fisc ou les communes, par exemple, ont souvent recours aux recommandés." L’intérêt de l’"eBox" pour ces administrations serait dès lors très grand également. A noter qu’il existe déjà, dans le secteur des soins de santé, la plateforme eHealth, essentiellement destinée aux prestataires de soins.

Combien a coûté ce nouveau dispositif ? M. Robben reste évasif sur ce point, mais assure que le coût est modéré : seul de l’espace mémoire a dû être acheté, le nouveau système ayant été développé à partir de l’"eBox" des employeurs, qui permet depuis un certain temps aux administrations de la Sécurité sociale de transmettre des documents aux entreprises. Désormais, ce sont tous les citoyens qui pourront bénéficier de ce service, s’ils le souhaitent, et donc s’ils activent leur profil sur le portail de la sécu. "Au Danemark, poursuit le patron de la Banque Carrefour, près de 85 % des envois faits par les administrations publiques se font via ce mécanisme. Et beaucoup d’échanges entre les gens eux-mêmes aussi."

A l’instar de Zoomit, service bancaire destiné au traitement des factures et autres fiches de salaire, avec lequel M. Robben envisage d’ailleurs d’éventuelles coopérations, "qui compte déjà trois ou quatre millions d’utilisateurs" , M. Robben espère que la sauce "eBox" prendra et que de celle-ci découleront de substantiels gains de temps, d’argent, de papier et de sécurité.

(1) www.mysocialsecurity.be