Une carte de Brussels Airport retrouvée dans un appartement d'Abaaoud à Athènes

Ch. Ly. avec Belga Publié le - Mis à jour le

Belgique

Des dessins et une carte de l'aéroport de Brussels Airport ont été découverts sur un ordinateur et une clé usb dans un appartement à Athènes, où Abdelhamid Abaaoud, un des auteurs des attentats de Paris, a séjourné au mois de janvier 2015, a annoncé vendredi le site grec Skai.gr, citant des sources policières.

Contacté par l'agence Belga, le parquet fédéral n'a pas confirmé l'information. L'article paru sur Skai.gr qualifie en outre de "problématique" la manière de procéder des autorités belges lors de l'échange d'informations avec les autorités grecques.

Abaaoud y est également décrit comme le chef de la cellule terroriste de Verviers, qui a été constituée au cours de ce même mois de janvier 2015. Abdelhamid Abaaoud est soupçonné d'être le coordinateur des attentats perpétrés à Paris et en Ile-de-France le 13 novembre 2015. Il était parvenu à prendre la fuite mais a été tué lors d'une opération policière le 18 novembre 2015 à Saint-Denis.


Dès l'affaire de Verviers, les terroristes avaient prévu de s'attaquer à un aéroport

L’information ne vient pas de Belgique, mais de France et d’Israël. Selon les quotidiens "Le Monde" et "Haaretz", parus jeudi matin, les services de renseignement de plusieurs pays, dont la Belgique, savaient qu’un attentat se préparait contre un aéroport.

Le quotidien israélien ne cite pas ses sources, mais l’auteur de l’article, Amos Harel, est spécialisé dans les questions de défense et de sécurité.

Selon lui, "les services de sécurité savaient, avec un haut degré de certitude, que des attaques étaient planifiées pour très bientôt à l’aéroport, et, apparemment aussi, dans le métro" . Le journaliste affirme par ailleurs que les attaques avaient été imaginées à partir du quartier général de l’Etat islamique (EI) à Raqqa, en Syrie.

L’affirmation est cependant assez générale. Il semble en outre que le renseignement israélien n’ait pas averti la Sûreté de l’Etat belge d’un projet d’attaque à Zaventem.

L’information du "Monde" est plus précise, et provient du journaliste Soren Seelow qui avait eu accès en décembre au dossier judiciaire belgo-français après les attentats de Paris.

Selon lui, le réseau démantelé par la police belge à Verviers en janvier 2015 envisageait déjà de frapper un aéroport. Il était piloté, on le sait, par Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des attentats de Paris.

Verviers fut la "répétition générale" , mais avortée, des attentats de Paris, nous déclarait un juge belge, juste avant les attentats de Bruxelles.

Deux suspects, Sofiane Amghar et Khalid Ben Larbi, tous deux originaires de Molenbeek, furent abattus par la police belge à Verviers le 15 janvier 2015. L’action publique contre eux a d’ailleurs été éteinte jeudi, par la Chambre du Conseil en raison de leur décès. Mais seize autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel.

Des plans dans un ordinateur à Athènes

Dans les jours qui suivent, explique "Le Monde", seize suspects furent interpellés. Ce fut notamment le cas d’Omar Damache, un Algérien de 33 ans, arrêté le 17 janvier dans un appartement d’Athènes avec un Français, Walid Hamam, relâché par erreur.

Omar Damache apparaît alors comme "un relais logistique du commando de Verviers et un soutien pour Abdelhamid Abaaoud quant à la supervision et l’organisation de l’attaque à perpétrer" , selon une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), citée par le quotidien français.

Dans un second appartement, perquisitionné quelques jours plus tard à Athènes, les policiers trouvent un ordinateur qui a été utilisé par Abaaoud. Les enquêteurs découvrent sur le disque dur de l’ordinateur des plans d’attaque "notamment dans un aéroport" . "Un mode opératoire correspondant en tout point à l’attentat-suicide de mardi dans l’aéroport de Zaventem" , écrit "Le Monde".

Omar Damache est détenu en Belgique, tandis que Walid Hamam fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Ils figurent tous les deux parmi les seize personnes inculpées dans l’affaire de Verviers.

Contactée jeudi par "La Libre", la Sûreté de l’Etat n’a pas été en mesure de confirmer ou de démentir les informations des deux quotidiens.