Belgique

Une centaine de militants de la CGSP Amio, CSC Services publics et du SLFP se sont rassemblés mercredi matin devant le bâtiment du WTC III à Bruxelles pour afficher leur mécontentement à propos de la réforme envisagée de la fonction publique. Munis de leurs banderoles, sifflets et autres klaxons, ils ont soutenu leurs représentants syndicaux avant une réunion de négociation avec le cabinet du ministre de la Fonction publique, Steven Vandeput. "Le gouvernement n'écoute pas", s'exclame Patrick Meerinckx, délégué syndical au sein de la CSC Services publics. Une centaine de militants, entre 150 et 200 selon la police, ont afflué à Bruxelles pour dénoncer la manière dont les négociations sont menées sur la réforme du Codex, qui réglemente le statut des fonctionnaires. Ce qui a provoqué l'ire des syndicats est l'annonce par le cabinet de M. Vandeput que les négociations devaient se terminer aujourd'hui/mercredi.

"On nous donne trente jours pour négocier alors que le Codex contient 13 livres. Hier (mardi, ndlr), nous n'en étions qu'au 4e", dénonce Jos Mermans, président national du SLFP secteur public. Le texte "fait 700 pages et nous n'avons eu que de petites réunions insuffisantes. Cela va modifier toute la vie des fonctionnaires, c'est impossible de terminer aujourd'hui (mercredi, ndlr)", souligne Eric Manise, président de la section de Lantin de la CSC Services publics.

"Il semblerait finalement qu'il y aura simplement un 'stop and go', c'est-à-dire que les représentants du ministre iront lui rapporter l'avancée des négociations et reviendront ensuite vers nous", explique Michel Jacobs, secrétaire général de la CGSP Amio. "La manifestation porte donc ses fruits."

Outre la précipitation dans laquelle les discussions sont menées, les syndicats déplorent qu'aucune marge de manœuvre ne leur est laissée sur le contenu de la réforme. "Le cabinet n'accepte que des entretiens techniques, nous ne pouvons discuter du contenu", déplore ainsi M. Mermans. "Une partie de la délégation du ministre n'est pas au courant du dossier, n'est pas intéressée et n'a pas la capacité de négocier", martèle-t-il. Il dénonce également un "agenda caché sur la diminution des jours de congés et la suppression du régime de maladie des fonctionnaires. On sent bien que cela se prépare".

Autre crainte des syndicats: la fin des recrutements statutaires. "Le gouvernement veut cesser les nominations définitives. Or, celles-ci sont la garantie d'un traitement équitable de tous les citoyens", tonne Patrick Meerinckx. "Un intérimaire aura peur de perdre son emploi et obéira aux injonctions qui lui sont données même s'il n'est pas d'accord avec celles-ci", explique le délégué syndical de la CSC.

Le but de l'action de mercredi était de mettre la pression, de se faire entendre et de montrer au cabinet que les syndicats, qui représentent le personnel insistent-ils, n'apprécient pas la façon dont les négociations sont menées.

La réunion entre les représentants syndicaux, qui sont entrés vers 08h50, et le cabinet de M. Vandeput doit se tenir jusque 17h00 mercredi.