Belgique Mehrnaz D., sommité dans son domaine, était engagée dans un divorce difficile. Sa fille se relevait difficilement d’un cancer.

La neurochirurgienne Mehrnaz D. sera jugée pour l’assassinat de sa fille de 14 ans l’été dernier. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a en effet décidé de renvoyer l’ancienne membre du personne médical de l’hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven) devant la cour d’assises du Brabant flamand, plutôt que devant le tribunal correctionnel, a appris Belga de sources judiciaires.

Le corps de l’adolescente, prénommée Eline, avait été retrouvé, sans vie, le 26 juillet 2017 dans l’appartement de sa mère par le nouveau compagnon de cette dernière. L’homme avait alors directement prévenu les services de secours.

Mehrnaz D. était une sommité dans sa spécialité. Elle avait publié d’importants articles scientifiques dans des revues spécialisées.

Elle avait été interpellée l’après-midi même. Elle était désorientée. Elle venait d’être impliquée dans une légère collision alors qu’elle s’engageait avec sa voiture sur l’autoroute E314, à Herent, à proximité immédiate de Louvain.

Mehrnaz D. avait été placée sous mandat d’arrêt par un juge d’instruction et inculpée d’assassinat. Quelques jours plus tard, Mehrnaz D. avait admis avoir tué sa fille. Elle avait expliqué qu’elle avait voulu mourir avec sa fille mais que sa tentative de suicide avait échoué.

Trois semaines plus tard, alors qu’elle était incarcérée à la prison de Hasselt, Mehrnaz D. avait tenté de mettre fin à ses jours en se tailladant les poignets.

Sa fille luttait contre le cancer

L’adolescente était malade et tant la mère que la fille étaient dépressives. La victime luttait en effet depuis plusieurs années contre le cancer. En 2017, le corps médical lui avait diagnostiqué une tumeur cérébrale. Elle avait été soignée mais elle en gardait des séquelles.

Mehrnaz D. était engagée dans une procédure de divorce difficile. Son ex-mari, radiologue, travaillait comme elle à l’hôpital universitaire de Louvain.

La défense de Mehrnaz D. est assurée par Me Jef Vermassen, qui est sans doute le plus célèbre avocat flamand. Lorsqu’il avait décidé de l’assister, il avait indiqué que, pour lui, ce n’était pas un dossier comme un autre. En février 2016, sa cliente l’avait opéré. "Pour moi, c’est la chirurgienne qui m’a sauvé la vie. Je ne pouvais plus faire 20 mètres en raison de mon mal de dos. Elle m’a traité et grâce à elle, j’étais un nouvel homme", avait-il assuré.

Il estimait que la place de sa cliente n’était pas en prison. Le rapport psychiatrique demandé par la juge d’instruction avait mis en avant le fait que Mehrnaz D. souffrait d’un stress post-traumatique, mais qu’elle était, au moment des faits, responsable de ses actes. (D’après Belga)