Belgique

La mesure frappe un Belgo-Algérien de 35 ans. Il avait envisagé de frapper un marché près du SHAPE à Casteau (Mons).

Le tribunal correctionnel de Liège a, en plus d’une condamnation à une peine de prison pour terrorisme, prononcé vendredi une déchéance de nationalité belge à l’encontre du condamné. C'est la deuxième fois qu'un tribunal applique ainsi la loi du 20 juillet 2015, qui est pourtant applicable depuis le 15 août 2015.

Une telle mesure ne peut être prise qu'à l'encontre d'une personne condamnée pour terrorisme à une peine minimale de cinq ans de prison ferme. Depuis quelques semaines, le parquet fédéral demande systématiquement cette peine lorsqu'il requiert cinq ans ferme à l'égard de prévenus qui ne sont pas nés belge et qui disposent d'une autre nationalité. La mesure ne peut en effet faire d'une personne un apatride.

Le condamné est Noureddine Hamecha, un homme né en Algérie en 1983 qui avait acquis la nationalité belge. Vendredi, il a été reconnu coupable de participation aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeant. En récidive légale, il s'est vu infliger 10 ans de prison et 30000 euros d'amende.

Un lourd passé judiciaire

Noureddine Hamecha avait été arrêté le 29 juillet 2016 à Liège. Il est arrivé en Belgique il y a une quinzaine d'années après avoir vécu avec ses parents en Grande-Bretagne. Il a un lourd passé délinquant: condamnations pour vols avec violences, extorsion et stupéfiants. Il était sorti de prison en 2013. Dès 2014, il était signalé comme radicalisé, ayant émis le souhait de rejoindre les ranges de l'Etat islamique en Syrie.

Noureddine Hamecha a beaucoup voyagé à l'étranger dans les années qui ont suivi. Il a effectué de nombreux transferts d'argent via Western Union. Il a mis en contact des jeunes femmes avec des combattants européens de l'Etat islamique en vue d'un mariage. Il aurait été impliqué dans la fabrication de faux papiers.

Les surveillances se sont intensifiées il y a deux ans. Noureddine Hamecha a fait l'objet de contrôles sévères lors de voyages en Irlande et en Espagne. Ce qui lui aurait mis la puce à l'oreille et l'aurait convaincu de troquer sa casquette de logisticien pour celle d’opérationnel.

Il avait applaudi à l'attentat de Nice

A l'époque, il s'était réjoui de la fusillade commise le 12 juin 2016 dans une boîte de nuit homosexuelle de Floride par un homme se réclamant de l'Etat islamique. Il avait aussi applaudi à l'attentat commis le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice. Il avait laissé entendre à un contact de l'EI qu'il allait recevoir des armes et qu'il allait frapper.

Une des pistes évoquées était un vide-greniers organisé à intervalles irréguliers près du SHAPE à Casteau (Mons). Les militaires américains y revendent régulièrement les appareils qu'ils ne peuvent emporter dans leur nouvelle affectation. Hamecha a longtemps vécu dans la région et semblait vraisemblablement ignorer que ces événements étaient sécurisés depuis les attentats de Paris et Bruxelles. Ces prémisses d'un passage à l'acte avaient convaincu le juge de le mettre à l'ombre.