Une filière de plus en plus libre

Gilles Toussaint Publié le - Mis à jour le

Belgique

Durant tout le mois d'août, elles fleuriront le long des routes. «Elles», ce sont les affiches de l'IBSR rappelant aux distraits que, dès le 1er septembre, une nouvelle réglementation en matière de formation à la conduite entrera en service. A dater de ce jour en effet, le nouveau système permettra à l'aspirant-conducteur d'entamer une formation pratique à partir de 17 ans, et ce bien sûr après avoir réussi son test théorique. L'examen pratique pour sa part peut-être présenté dès que le candidat a atteint l'âge de 18 ans accompli. Plus les jeunes conducteurs ont l'opportunité de s'exercer et d'acquérir de l'expérience, mieux ils conduiront, argue le ministre de la Mobilité.

Une fois le «théorique» en poche, le candidat pourra obtenir un permis de conduire provisoire valable trois ans et devra choisir parmi les trois formules proposées:

- La filière libre. Dans ce cas de figure, il doit s'entraîner durant un minimum de trois mois en compagnie d'un guide. Il peut faire appel à plusieurs accompagnateurs pour autant que ceux-ci soient en possession de leur permis de conduire depuis au moins huit ans.

- Le mix filière auto-école «light» et filière libre. Le candidat peut également choisir de suivre une formation pratique de base de six heures dans une auto-école - qui devrait lui être facturée au prix de 250 euros - avant de poursuivre son apprentissage en compagnie de son (ou ses) guide(s).

- La filière auto-école «full». Pour autant qu'il ait 18 ans et qu'il ait suivi 20 heures de cours dans une auto-école, le candidat pourra obtenir un permis de conduire provisoire sans guide qui est valable 18 mois.

Deux échecs d'affilée à l'examen pratique entraînent l'obligation de suivre six heures de formation en auto-école. Et si le néo-conducteur commet une infraction grave du 3 éme ou du 4e degré dans l'année qui suit l'obtention de son permis pratique, il s'expose à devoir représenter un examen théorique et/ou pratique.

De nombreuses critiques

Concoctée par le ministre fédéral de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), cette réforme a suscité un feu nourri de critiques émanant de l'association Touring, des représentants des auto-écoles, mais également des Responsible Young Drivers. A leurs yeux en effet, le nouveau système se focalise sur le facteur «prix réduit» au détriment de la qualité de la formation et donc de la sécurité routière, ce qui risque d'entraîner une augmentation du nombre d'accidents chez les jeunes conducteurs. L'extension de la filière libre à un nombre illimité d'accompagnateurs ne répondant pas aux mêmes normes de qualité qu'un guide professionnel est pointée du doigt, de même que la durée de validité du permis provisoire et ce même si celle-ci, qui devait être illimitée dans le projet initial, a finalement été ramenée à trois ans.

Sur le plan socio-économique, enfin, cette mesure pourrait, selon les estimations des auto-écoles, déboucher sur la perte de 1 300 emplois dans un secteur qui en compte 2 700. L'avenir dira si ces sombres prophéties se vérifient.

© La Libre Belgique 2006

Gilles Toussaint

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