Belgique

L’opération de contrôle FIPA (pour Full Integrated Police Action), prévue ce lundi dans le secteur des transports publics bruxelllois (STIB), devait rester confidentielle. Mais l’information a été éventée samedi sur Facebook. Selon nos informations, elle devrait cependant être maintenue. Le député bruxellois PS Ridouane Chahid a de son côté demandé au ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A) "d'arrêter immédiatement de mettre à disposition de la police et de l'Office des étrangers un outil public tel que la STIB".

La Plateforme citoyenne qui héberge les migrants du parc Maximilien avait fait circuler le message samedi, craignant que l’opération annoncée de lutte contre les fraudeurs soit en fait une chasse aux sans-papiers. Il existe des témoignages de personnes en séjour irrégulier sur le territoire qui ont été contrôlées alors qu’elles avaient pourtant présenté un titre de transport valide. La STIB est dès lors accusée de collaborer avec la police et l’Office des étrangers pour faire arrêter les illégaux.

"Pas du tout!"

Des allégations qui font bondir Françoise Ledune, porte-parole de la STIB. “Cette polémique revient chaque fois: la STIB serait intrumentalisée pour collaborer à la chasse aux migrants. Mais pas du tout ! C’est une opération de contrôle des titres de transport sur l’ensemble de la Région comme on en fait 6 fois par an.”

Ce n’est pas le rôle de la STIB de vérifier les identités des voyageurs s’ils sont munis d’un billet, poursuit-elle. “Les hébergeurs en donnent à leurs invités et Fedasil (l’Agence fédérale qui prend en charge les demandeurs d’asile, Ndlr) nous commandent chaque année des dizaines des titres de transport”. En principe donc, pas de souci ni de contrôle de police pour les personnes qui ont un billet en règle, sauf en cas de comportement délictueux: harcèlement, ivresse... “Et on ne travaille pas avec l’Office des étrangers”, assure encore la porte-parole.

Contre la fraude

Un volet de l’opération de lundi doit (devait ?) se dérouler en présence d’agents de police de la zone de police Bruxelles-Nord et d’agents de contrôle de la STIB. Pourquoi associer la police pour les contrôles des titres de transport ?

“L’objectif est de se réapproprier l’espace public. Il y a des phénomènes de délinquance urbaine sur le réseau: prostitution, trafic d’armes et de drogue... Ils existent depuis des années. Si nous avons invité la presse à assister à l’opération, c’est dans un souci de transparence, pour montrer comment cela se passe. Les lieux où se déroulent les contrôles se décident en concertation. On sait où la fraude se concentre dans le métro par exemple, quand il y a une différence importante entre le nombre de passagers et le nombre de validations”.

Quand la police n’est pas là, les contrôleurs n’ont pas la vie simple: ils se font traiter de tous les noms, reçoivent des menaces... (“Je vais te retrouver” ou “je vais t’égorger”). Dans certains quartiers, les vérifications de titres de transport sont très compliquées. Les contrôleurs de la STIB ont le droit de demander aux resquilleurs de décliner leur identité et de demander le journal de classe ou la carte d’identité. S’ils refusent de le faire spontanément, ils peuvent les retenir pendant une demi-heure, le temps que la police arrive. “Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui s’appellent Mickey Mouse ou Donald Duck !”

Au total, 13 % des contrôles se font avec accompagnement de la police, précise encore Françoise Ledune.