Belgique

Le Parti du Travail de Belgique (PTB), une formation d'extrême gauche, a publié une liste de sociétés ayant réclamé il y a 10 ans des intérimaires "bien belges" à la société Adecco, qui vient d'être condamnée par la justice civile belge pour discrimination à l'embauche.

On peut lire sur cette liste, consultable sur le site www.ptb.be, des fiches de postes vacants saisis chez Adecco Belgique portant les mentions "BBB" --référence à la race bovine belge "Blanc-Bleu-Belge"--, "pas d'étranger" ou "pas d'Arabe".

Un groupe d'habillement international recherchait deux vendeuses "jeunes et dynamiques" et "BBB". Un chocolatier belge ayant pignon sur rue recrutait "deux femmes de ménages BBB!!! (... à la limite turques ou yougos)", tandis qu'une société de dépannage demandait un "BBB car (il) travaille souvent avec la police".

La liste des sociétés publiée par le PTB, issue du dossier judiciaire, n'avait jusqu'ici pas été rendue publique. Elle correspond toutefois à une liste expurgée des noms des entreprises consultée par l'AFP.

Le 31 mai, le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné Adecco à verser 25.000 euros, à titre de dommages et intérêts, à l'association française SOS Racisme, et un euro provisionnel au syndicat socialiste FGTB et à l'association flamande Kif-Kif.

Adecco a fait appel de cette décision, expliquant que les annotations "BBB" étaient le fruit d'une initiative de responsables de bureaux bruxellois qu'elle n'avait jamais cautionnée.

SOS Racisme avait déjà porté plainte au pénal contre Adecco Belgique mais, huit ans après l'ouverture de l'enquête, la justice belge avait décidé en 2009 de ne pas renvoyer en correctionnelle la société d'intérim à cause d'une erreur de procédure.

Le journal belge Le Soir souligne jeudi que "les faits sont vieux de 10 ans" et qu'"Adecco a multiplié les signes apaisants ces dernières années".

Mais "la discrimination à l'embauche a encore de beaux jours devant elle" en Belgique, estime le journal, en se fondant sur des statistiques démontrant que les personnes d'origine étrangère ont encore aujourd'hui un taux d'emplois plus bas ou occupent des "postes inférieurs, à formation égale" que les Belges d'origine.