Belgique

Le Roi Albert II a chargé mercredi le président de la Chambre des représentants, le chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy, d'une "mission d'exploration" visant à dénouer la crise politique que traverse le pays depuis les législatives du 10 juin. Herman Van Rompuy, 59 ans, ancien vice-Premier ministre et ministre du Budget (1993-1999) est l'un des rares hommes politiques toujours en activité ayant participé aux difficiles négociations qui avaient débouché sur la création du système fédéral belge en 1993.

Mercredi, M. Van Rompuy a été "chargé d'une mission d'exploration afin de trouver une solution à la crise politique actuelle", indique un communiqué du Palais. Après les élections de juin, Albert II avait d'abord chargé le chef des libéraux francophones Didier Reynders, puis l'ancien Premier ministre chrétien-démocrate flamand Jean-Luc Dehaene pour des missions d'"information".

Ils avaient conclu qu'un gouvernement de centre-droit réunissant chrétiens-démocrates et libéraux, tant francophones que néerlandophones, était la coalition qui avait le plus de chances de voir le jour. Le 15 juillet, l'homme fort du Parti chrétien-démocrate flamand (CDV) Yves Leterme, avait été officiellement chargé de former ce gouvernement. Mais après cinq semaines de négociations tendues, il a rendu son tablier le 26 août, expliquant qu'il n'avait pu obtenir d'accord sur un programme de gouvernement et, surtout, sur une nouvelle réforme de l'Etat.

Les discussions ont buté sur l'opposition entre les partis flamands, qui exigent que l'Etat fédéral transfère plus de pouvoirs aux régions, et des francophones refusant de s'engager sur une voie qui selon eux pourrait mener à l'éclatement de la Belgique. Pour les observateurs, Yves Leterme, reste, malgré son échec, le candidat Premier ministre le plus crédible, son parti étant quasiment incontournable en Flandre.

Les journaux belges soulignent toutefois que ces 80 jours sans nouveau gouvernement n'ont pas rapproché les points de vue entre Flamands et francophones, au point que le Palais royal n'hésite plus à présent à parler de "crise" dans chacun des ses communiqués.

Herman Van Rompuy a annoncé qu'il prendra, "dans les prochains jours et en toute discrétion, les contacts politiques nécessaires" en vue de la relance des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral. Il précise notamment qu'il a accepté la mission et qu'à cette fin, il prendra, dans les prochains jours et en toute discrétion, les contacts politiques nécessaires. Il ajoute qu'il fera un rapport intermédiaire au Roi dans les prochains jours.

M. Van Rompuy recevra dès ce mercredi soir l'ancien formateur Yves Leterme. Il dit encore qu'il "souhaite contribuer à la mise en route de nouvelles négociations gouvernementales" et ajoute en conclusion qu'"ensuite, il se consacrera à la préparation de la reprise des activités parlementaires".