Une question: partir ou rester?

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le dossier de Bruxelles- Hal-Vilvorde s'invite à nouveau à l'agenda politique cette semaine. Le «point culminant» de ce feuilleton sera mercredi, lors de la séance de la Commission de l'intérieur de la Chambre. Une séance au cours de laquelle les partis flamands voudront déjà entamer l'examen des propositions flamandes, organisant la scission de l'arrondissement de BHV. Mais les partis francophones ont prévu: si le coup de force a lieu, ils quitteront la séance.

Au cours du week-end, les membres du CD&V -parti qui est dans la majorité au gouvernement flamand et dans l'opposition au niveau fédéral- ont à nouveau mis la pression pour que soient débattues les propositions de loi prônant la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. «C'est une question de crédibilité politique» a précisé le président des sociaux-chrétiens flamands, Jo Vandeurzen, tandis que le député CD&V au Parlement flamand, Eric Van Rompuy, répliquait avec toute la nuance et la sobriété qu'on lui connaît, à la demande des partis francophones d'élargir les limites de Bruxelles: pour lui, l'élargissement de Bruxelles-Capitale aux communes de la périphérie, ce serait comme «l'Anschluss d'Hitler». Et de prévenir les francophones: «Si vous ne voulez pas la fin de la Belgique, acceptez de discuter au Parlement, a-t-il lancé. Si les partis francophones quittent la commission, il y a une crise politique (...), une crise majeure.» Une crise qui serait en quelque sorte transposée au gouvernement flamand: car si SP.A et VLD acceptaient de ne pas débattre des propositions de loi, «le CD&V et la N-VA déposeraient une motion au Parlement flamand qui mettrait le gouvernement flamand en danger», a dit Eric Van Rompuy. «Cela va aboutir à une crise, j'en suis certain», a-t-il conclu.

On comprend bien la manoeuvre du CD&V qui pousse les partis flamands de la majorité fédérale (SP.A et VLD) à choisir entre la logique flamande (qui veut une scission rapide) et la logique fédérale (qui laisserait au gouvernement de Guy Verhofstadt le temps de la négociation).

Malgré cette pression, il semble que libéraux et socialistes flamands vont privilégier la confiance au gouvernement fédéral et retarderont, autant que faire se peut, le débat en Commission de l'Intérieur de la Chambre jusque après les vacances de Carnaval, afin de laisser le temps à Guy Verhofstadt de dégager un compromis. Si cela est possible.

D'ici là, il faudra que les francophones adoptent une position vraiment commune. Tel est le voeu de la présidente du CDH, Joëlle Milquet qui, samedi, a appelé à une concertation.

© La Libre Belgique 2005

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