Belgique

Les ennuis judiciaires de Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) reprennent vigueur. En effet, le procureur général de Liège vient de transmettre une demande au Parlement wallon concernant l’ancien ministre-Président socialiste de la Région wallonne et ancien bourgmestre de Charleroi. Le but est d’obtenir le feu vert de l’assemblée régionale pour poursuivre l’instruction judiciaire en cours depuis plusieurs années. La présidence de l’assemblée nous a confirmé avoir reçu la requête du procureur.

Il ne s’agit pas d’une demande de levée d’immunité parlementaire puisque le Carolo n’est plus député, mais bien de la procédure prévue pour la "poursuite de ministre" (actuels ou anciens). C’est la commission des Poursuites de l’assemblée régionale qui devra donc traiter cette demande et permettre que Jean-Claude Van Cauwenberghe, déjà inculpé, puisse comparaître devant la Cour d’appel de Liège pour y être éventuellement jugé (seule la Cour d’appel est ici compétente).

Dans quels dossiers ? Selon une très bonne source, cinq dossiers sont concernés dans cette demande émise par le procureur général de Liège. Parmi eux, on retrouve la fameuse affaire Immo Congo. Rappel : dans le cadre de la location d’un immeuble à Kinshasa, Jean-Claude Vancauwenberghe est suspecté d’avoir favorisé l’un de ses proches. Le dossier remonte à 2004, soit à l’époque du gouvernement arc-en-ciel wallon (PS-MR-Ecolo) dirigé par Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Marché public très suspect

À l’époque, la représentation internationale de la Wallonie et de Bruxelles cherchait une nouvelle implantation au Congo et des sociétés immobilières belges planchaient sur le dossier : Congo Walloninvest, Intelligence et Communication (IC) et Immocita. IC remporte le marché, achète et rénove pour 3 millions d’euros un bâtiment sur place. Ce même bâtiment est ensuite reloué pour 270000 euros par an à la Région wallonne et à la Communauté française.

Mais on repère une série d’anomalies dans cette opération immobilière : le coût de la location est fort élevé vu l’état de l’immeuble en question. Par ailleurs, le bail est signé pour une durée de 20 ans, ce qui pouvait étonner vu l’instabilité inhérente au Congo.

Autre reproche de taille : très rapidement après avoir attribué le marché, le gouvernement wallon décide tout d’un coup de remplacer la société bruxelloise IC par une firme appelée Immo Congo et située à Gosselies. Bizarre : la société hennuyère a été créée juste deux jours avant d’être sélectionnée. Encore plus étrange : la moitié des actions d’Immo Congo sont détenues par une autre société, elle-même actionnaire pour moitié de Congo Walloninvest (l’une des sociétés qui était passée à côté du marché initial). En outre, ces trois sociétés sont basées à la même adresse à Gosselies et étaient gérées par la même personne épouse d’un réviseur d’entreprise proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Une autre affaire est également concernée par la demande du procureur général : celle du hall omnisports de Beaumont, où un entrepreneur "ami de trente ans" de Jean-Claude Van Cauwenberghe aurait été privilégié. M.Van Cauwenberghe aurait pesé de tout son poids pour influencer l’octroi du marché public à son ami. À l’époque des faits, Jean-Claude Van Cauwenberghe était également ministre-Président de la Région wallonne.

Le procureur général de Liège n’a pas donné suite à nos appels hier soir au sujet du possible jugement de Jean-Claude Van Cauwenberghe.