Belgique

Le ministre-président de la région wallonne, le socialiste Jean-Claude Van Cauwenberghe, a annoncé vendredi soir sa démission, à la suite d’un scandale lié à la gestion d’une société de logements sociaux de Charleroi (sud de la Belgique), selon un communiqué.

«Je ne peux supporter qu’une campagne de mises en cause personnelles injustes nuisent à mon parti, à ma ville, à ma région. Je choisis donc de démissionner de mes fonctions de ministre-président du gouvernement wallon », a déclaré M. Van Cauwenberghe, ancien maire de Charleroi, bastion socialiste.

Cette démission intervient quelques heures après qu’un ancien adjoint au maire de la ville, Claude Despiegeleer, eût été placé sous mandat d’arrêt pour abus de bien sociaux, faux et usage de faux, dans cette même affaire.

Le scandale qui éclabousse le Parti socialiste (PS) francophone belge a éclaté il y a quelques semaines lorsqu’un audit a révélé une gestion «déficiente » au sein de la société de logements sociaux «La Carolorégienne », à la tête d’un parc de près de 3.000 appartements et maisons à Charleroi.

Le rapport épinglait les trois principaux gestionnaires de la société de droit public, qui étaient également échevins (adjoints au maire) socialistes à Charleroi, dont M. Despiegeleer.

Particulièrement visé, M. Diespiegeleer, administrateur-délégué de la «Carolorégienne » et échevin des Sports de Charleroi, avait rendu en 2001 des notes de frais de 18.000 euros, auxquelles s’ajoutaient des achats de vin pour 10.000 euros.

Le ministre-président de la région wallonne, homme fort de Charleroi, n’est pas lui-même directement visé mais il est l’un des associés d’un cabinet d’avocats qui a eu des liens avec la société de logement social.

A un an des élections communales d’octobre 2006, l’affaire de la «Carolo » tombe mal pour le dirigeant du PS belge Elio Di Rupo, engagé dans une opération de rajeunissement de son parti et «père spirituel » d’un «plan Marshall » dévoilé début septembre pour doper cette région francophone.

Doté de plus d’un milliard d’euros, ce plan a pour objectif de redynamiser la Wallonie, une région touchée par la crise économique depuis les années 1970.