Van Cauwenberghe inculpé

Jacques Laruelle Publié le - Mis à jour le

Belgique

L’ancien ministre-président wallon et bourgmestre de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), a été inculpé mercredi dernier, après une longue audition à Liège, de corruption passive.

L’information a été confirmée lundi par le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé. M. Van Cauwenberghe est soupçonné d’avoir favorisé un entrepreneur dans le cadre du dossier du hall des sports de Beaumont. Ce marché public avait été décroché par la SA Vandezande, dont le patron, "un ami de 30 ans de Jean-Claude Van Cauwenberghe" est inculpé depuis 2008 pour corruption. L’ex-homme fort de Charleroi nie les faits qui lui sont reprochés.

Depuis cinq ans, la justice carolorégienne s’intéressait de très près aux affaires politico-financières de Charleroi. Mais jusqu’à présent, Jean-Claude Van Cauwenberghe, dont le nom était cité depuis le début, avait échappé à la tourmente judiciaire. Les inculpations avaient seulement touché ses proches, comme l’échevin Claude Despiegeleer ou des entrepreneurs, ce qui lui faisait dire : "Je suis accusé de tout mais inculpé de rien." Il a finalement été rattrapé par la justice.

L’idée de construire un hall des sports à Beaumont, une commune du sud du Hainaut, date de 1998. Le dossier, pour lequel un budget d’un million d’euros est tout d’abord envisagé, s’enlise. Il est relancé quatre ans plus tard lorsque le bourgmestre de la commune, Charles Dupuis (CDH), sollicite l’aide de la "Communauté urbaine de Charleroi".

Cette ASBL est présidée par Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui est depuis 2000 ministre-président de la Région wallonne. Le gouvernement wallon décide - de façon collégiale, dit la défense de M. Van Cauwenberghe - de verser des subventions pour la construction du hall des sports de Beaumont, retenu avec dix autres projets. Le ministre des Sports, Michel Daerden, exécute la décision.

Seule une entreprise de Gilly, la SA Vandezande, a soumissionné pour le marché de Beaumont, pour quelque trois millions d’euros, un coût largement supérieur aux premières estimations.

Le parquet de Charleroi a ouvert une instruction judiciaire sur ce dossier Beaumont en 2008. C’est dans ce cadre que, le 11 juin 2008, le domicile de Jean-Claude Van Cauwenberghe est spectaculairement perquisitionné. Les enquêteurs se rendront également dans les bureaux de "Van Cau", qui n’est alors plus que simple député wallon. L’homme fort de Charleroi a en effet démissionné depuis septembre 2005 de la présidence du gouvernement wallon après l’arrestation de plusieurs échevins dans le dossier de la société de logements sociaux La Carolorégienne.

Lors de cette perquisition, Jean-Claude Van Cauwenberghe n’est encore que simple témoin. Ce qui n’est pas le cas de Michel Vandezande qui, quelques jours plus tard, est arrêté. Il est inculpé en compagnie de l’ex-commissaire en chef de la police de Charleroi, Francine Biot dans le cadre de malversations présumées lors de la construction d’un commissariat de police à Marcinelle.

Le dossier Beaumont ne restera pas longtemps pas à Charleroi. Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui était ministre au moment des faits, jouit d’un privilège de juridiction. Toute enquête qui le vise ne peut être conduite que par un magistrat d’une cour d’appel. A savoir Liège, dont dépend le siège namurois du gouvernement wallon. En janvier 1999, M. Visart de Bocarmé confirme l’ouverture d’une instruction judiciaire. Le parquet général de Liège ajoute qu’il enquête également sur le dossier Immo-Congo, qui a trait à la location d’un immeuble destiné à la Communauté française à Kinshasa. Jean-Claude Van Cauwenberghe est suspecté d’y avoir favorisé l’une de ses relations.

Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui conteste, "a l’impression que c’est l’aboutissement d’un acharnement, qu’il était l’homme à abattre dans un certain milieu judiciaire et policier", dit son avocat, Me Pierre Chomé.

Jacques Laruelle

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