Vente d’alcool sans souci aux mineurs

L.D. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Agés de 14 et 16 ans, des clients "mystère" se sont rendus dans 129 supermarchés et magasins de nuit du pays avec pour mission d’acheter un alcopop et une bouteille de vodka. Autre consigne : en cas de demande, ils étaient priés de révéler leur âge exact ou de présenter leur carte d’identité. Histoire de ne pas pousser le bouchon trop loin, ils n’étaient pas autorisés à insister auprès du vendeur en cas de refus. En revanche, si la marchandise leur était délivrée, ils étaient tenus de retourner les bouteilles ou canettes aussi sec à l’enquêtrice.

Car il s’agit bien d’une enquête, imaginée par Test-Achats - on l’aura deviné -, en vue de vérifier dans quelle mesure la vente de produits fortement alcoolisés à des mineurs légalement interdite avait ou non lieu.

Les résultats sont renversants : dans 87 % des cas, mission accomplie pour les jeunes; ceux âgés de 16 ans ont reçu leur bouteille de vodka dans 90 % des magasins visités. Seuls 15 % des vendeurs ont réclamé de voir la carte d’identité ou se sont contentés de demander l’âge. Et même dans ce cas, face à ces jeunes de 14 et 16 ans, la moitié des commerçants a fini par vendre les boissons. Si les uns devaient supposer que l’âge légal pour l’achat de boissons alcoolisées est de 16 ans, il en est un qui, bien au courant de la législation, a suggéré au jeune consommateur de cacher la bouteille dans son sac

On se souviendra qu’en octobre dernier, une enquête similaire réalisée par le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (Crioc) avait donné de semblables résultats.

En ce qui concerne l’enquête de TA, publiée dans le magazine Test-Santé, il convient de préciser qu’elle a été menée alors que la nouvelle loi sur la vente d’alcool aux mineurs n’était pas encore entrée en vigueur. Depuis le 10 janvier de cette année, aucune boisson alcoolisée ne peut être vendue à des jeunes de moins de 16 ans. Cette disposition légale concerne la vente de boissons contenant 0,5 % d’alcool et plus. La règle vise surtout les bières et vins. Pour les spiritueux, il existait en effet déjà une interdiction de vente aux jeunes de moins de 18 ans.

Compte tenu des résultats de cette enquête, Test-Achats demande aux pouvoirs publics d’organiser de larges campagnes d’information et de sensibilisation afin que la nouvelle loi soit connue par les vendeurs. L’organisation réclame également davantage de contrôles "afin d’éviter que la nouvelle législation ne reste lettre morte". Toujours pour TA, la loi doit être interprétée de telle manière que la vente d’alcool via un distributeur automatique soit considérée comme étant absolument interdite. Rappelant que les jeunes constituent des cibles faciles pour le marketing et Internet, TA estime qu’une "évaluation approfondie du code de bonne conduite relatif à la publicité pour l’alcool est nécessaire et ce, tant en ce qui concerne son respect que son articulation par rapport aux dispositions légales en vigueur".

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