Verhofstadt, le rebond

P.P. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Il a toujours adoré les "coups", ce flambeur ludique de Guy Verhofstadt. C'est un bon point, ça, non, pour rebondir éventuellement à un cabinet de Premier ministre qu'il aura dépoussiéré dans ses moindres recoins, de ses coups de gueule et de cœur, de ses bouderies et ses lubies, huit ans durant ?

Précisons : huit ans et - bien sûr, après éclipse - trois mois. Ce trimestre qu'il étrenna voilà pile un an, pour un mandat de dépannage à durée déterminée qu'il a traversé et nourri d'une aura - sinon d'une auréole - de sauveteur de la nation ou à peu près...

Faut dire, le libéral flamand, à 55 printemps, a le rebond dans le sang. Ses nombreuses déconvenues et traversées de désert d'une vie politique déjà si longue l'expliquent et en attestent. Et lui, face aux conflits, il ne se borne pas à en dresser un procès-verbal minutieux, chagrin et vain (toute ressemblance ici avec un Premier ministre démissionnaire ne devant pas être due au seul hasard). Les conflits, il en apprécie la décantation, en déguste l'agitation, jusqu'à en attiser si nécessaire quand on ne s'y attend pas. Assumer et arbitrer n'ont jamais été vraiment sa tasse de thé - pardon, ses vieux crus toscans de derrière les fagots. En revanche, piquer, impulser, inventer, ça, oui.

Et se ressourcer, toujours. Après tel échec à former un premier arc-en-ciel (dès 1991), après tel revers électoral imprévu (1995), après plusieurs bagarres à la présidence des libéraux flamands, après que la bonne étoile européenne a pu le lâcher, après telle déroute d'agenda aussi infernal qu'improvisé, après tant d'idées mort-nées, après la déglingue de la violette...; il peste, cale, crâne et de nouveau rebondit. Et c'est dit, juré, il devient raisonnable. Tenez, au soir de ce 10 juin 2007 qui l'avait défait, il eut le panache de dire tranquillement devant les siens : "La Belgique est un pays agréable". Vous avez bien lu : agréable. Difficile de ne pas le croire. Et de jurer qu'il ne goûtera plus jamais à ces agréments-là.

© La Libre Belgique 2008
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