Vers quel paysage universitaire ?

Alice Dive Publié le - Mis à jour le

Belgique

On vous l’annonçait, c’est arrivé. Ce jeudi, le gouvernement de la Communauté française a adopté en seconde lecture l’avant-projet de décret du ministre Marcourt (PS) relatif à la réforme du paysage de l’enseignement supérieur.

Le projet ministériel prévoit la mise en place d’une structure à trois niveaux comprenant : une Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) chargée de la visibilité de notre enseignement supérieur sur la scène internationale et du pilotage de l’ensemble des universités et hautes écoles; cinq pôles géographiques respectivement centrés sur l’UCL, l’ULB/Université Saint-Louis, l’ULg, l’UMons et l’Université de Namur s’occupant des matières liées au sol, aux services et aux infrastructures; enfin, trois "zones académiques interpôles" (Bruxelles-Brabant, Hainaut, Liège-Luxembourg-Namur) essentiellement focalisées sur l’aide à la réussite et pouvant rendre des avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court. Ces trois "zones" précisément un niveau supplémentaire voulu par l’UCL - et par le CDH donc - qui réclamait de longue date "l’insécabilité" de Bruxelles et du Brabant wallon et ce, afin de conserver son influence et ses possibilités de collaborer avec les hautes écoles catholiques dans la capitale.

Cela, c’est donc "réglé", nous assure-t-on. Tellement réglé que le ministre-Président, Rudy Demotte (PS), s’est retrouvé bien empêtré ce jeudi lors d’une rencontre avec la presse, face à la question d’un journaliste lui demandant pour quelles raisons il n’y avait aucune trace de l’existence des "zones académiques interpôles" dans l’annonce officielle faite par le gouvernement. En l’absence de son collègue Marcourt, par ailleurs mobilisé par le dossier sidérurgique liégeois, voici ce qu’il a déclaré : "Vous comprenez, je ne peux pas me substituer à tous les ministres fonctionnels." C’est entendu.

Reste qu’à côté de cette anecdote - qui est loin d’en être une à vrai dire - la question des habilitations conditionnelles (le fait d’autoriser une université à organiser une formation à condition que celle-ci ne soit pas nouvelle et qu’elle se fasse impérativement conjointement avec les établissements supérieurs habilités du pôle) octroyées ou pas à l’ULB, l’UCL et Saint-Louis sur le territoire bruxellois n’a toujours pas été réglée. Du moins pas encore.

Les partenaires de l’Olivier francophone ont en effet donné leur accord à l’ouverture de négociations parallèles avec les acteurs de terrain concernés (les trois unifs précitées et essentiellement les hautes écoles Marie-Haps, Ihecs et Ichec) de façon à ne pas bloquer l’ensemble du processus, et de permettre ainsi l’envoi du texte au Conseil d’Etat. Se voulant "réaliste", le ministre Marcourt dit miser à présent sur la fin de vacances d’été pour espérer un vote au Parlement à la rentrée parlementaire donc.

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