Vers une interdiction de circuler pour certaines voitures ?

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Bientôt une interdiction de circuler dans les grandes villes du pays lors des journées critiques sur le plan de la pollution pour les véhicules les moins «propres »: ce projet dont les modalités pratiques ont été déjà été préparées, est soutenu activement par le ministre bruxellois de l'Environnement.

Il sera sur la table de la prochaine Conférence interministérielle des ministres des Transports et de l'Environnement au début du mois de juin.

En cas d'accord définitif entre le fédéral et les trois Régions du pays, les véhicules conformes à la norme Euro 1 se verraient apposer une pastille bleue par le centre de Contrôle technique, une opération effectuée soit gratuitement pour les véhicules de moins de 4 ans, soit dans le cadre du contrôle annuel pour les autres.

Objectif: inciter, dans un premier temps sur une base volontaire (au moins en 2003), les propriétaires des véhicules les plus polluants qui sont aussi les plus anciens à laisser leur engin à moteur dans le garage les jours où les conditions météo feraient stagner les polluants primaires -ceux qui sont émis en tant que tels à la source, par opposition au polluants secondaires formés à la suite de réactions chimiques dans l'atmosphère- au point d'engendrer le dépassement de certains seuils fixés par les dispositions légales.

La mesure repose sur une première: la capacité depuis peu de l'Institut Royal Météorologique de prévoir sur base d'un modèle baptisé «Aladin » ces pics de pollution 48 heures à l'avance, ce qui permet d'avertir la population à temps. Certaines conditions météo ont une influence déterminante sur la concentration des polluants atmosphériques dont elles empêchent plus que d'autres la dispersion.

Selon le ministre bruxellois Didier Gosuin, fervent défenseur du projet, l'efficacité du modèle a été testée durant un an. Les observations réalisées en 2001 en Région bruxelloise ont permis d'identifier trois journées de pics de pollution (janvier, février, et décembre) durant lesquelles les normes européennes ont été dépassées.

La mesure pourrait entrer en vigueur en 2003, à condition que les représentants des autres entités fédérées marquent leur accord définitif. Elle pourrait en outre revêtir un caractère obligatoire dès 2004. A Bruxelles, la Région a prévu un accroissement des services de la STIB les jours concernés.

Didier Gosuin a insisté sur le fait que la mesure ne porterait que sur les épisodes marginaux prévisibles de pics de pollution par les polluants primaires, durablement toxiques pour l'ensemble de la population et qu'elle ne porte nullement sur les pics de pollution par l'ozone, qui interviennent plutôt l'été, dépassant largement la logique géograpique locale. Une restriction de la circulation au coup par coup ne résoudrait pas ce genre de problème, estime le ministre.

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