Belgique

Le ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme, veut mettre en place des assises "qualité et respect" à la suite de l'affaire Veviba. Il lancera une proposition en ce sens mardi au cours d'une réunion de concertation de la chaîne de la filière viande (de l'éleveur à la distribution), a-t-il fait savoir dimanche. Ces assises devront déterminer "un programme de nouvelles mesures à prendre". Le ministre Ducarme plaidera "naturellement auprès des Régions pour qu'elles soient pleinement associées à ce programme".

"Il doit y avoir un avant et un après Veviba. Cette affaire a jeté l'ombre sur la filière viande de notre pays, alors que celle-ci propose des produits de grande qualité. La filière viande ne peut évidemment pas être réduite à Veviba", a-t-il souligné.

Ce programme qu'il entend déterminer avec les Régions et les différents acteurs constitue une "étape essentielle à la restauration de la confiance avec un consommateur légitimement heurté et inquiet après les révélations apportées par l'enquête judiciaire".

L'entreprise Veviba a perdu ses agréments pour un atelier de découpe et un surgélateur industriel situés à Bastogne, après qu'une perquisition menée la semaine dernière a révélé une falsification de renseignements sur la date de congélation de la viande et une non-conformité de plus de 50% des produits contrôlés.


Un scandale à "mettre à profit" vers de "nouvelles pratiques transparentes"

La FWA, la Fédération wallonne de l'agriculture, a indiqué vendredi soir avoir "multiplié les contacts avec les différents maillons de la chaîne agroalimentaire" dans les heures précédentes, en rapport avec le "scandale" lié aux fraudes détectées aux abattoirs Veviba.

La FWA souhaite, dans cette affaire, se porter partie civile, ce qu'elle espère faire de manière conjointe avec les autres membres de l'"Agrofront", soit le Boerenbond et l'ABS, Algemeen Boerensyndicaat. Une confirmation doit encore venir de leur part, mais cette formule devrait être privilégiée, indique la FWA. "D'autres maillons de la chaîne agroalimentaire envisagent la même démarche", affirme le syndicat agricole wallon.

La FWA regrette que la "fraude économique" et sanitaire découverte chez Veviba jette un discrédit "sur l'ensemble de la chaîne" de la viande, entrainant pour les éleveurs un risque de "conséquences économiques majeures" alors que le secteur est déjà en difficulté. Pour cet organisme, le scandale doit être "mis à profit" pour réformer les normes et contrôles, vers de "nouvelles pratiques transparentes", tant au niveau de l'ensemble des abattoirs que du commerce de bétail en général. "Dès à présent, nous attendons de l'ensemble des pouvoirs publics qu'ils soutiennent et favorisent l'atteinte d'un tel objectif", ajoute-t-il.

La FWA va réunir son bureau ce dimanche matin, l'occasion de "fixer son action" pour les prochains jours.