Belgique

En marge de la présentation des prochaines journées "Fermes ouvertes" mardi à Braine-l'Alleud, le ministre wallon de l'Agriculture René Collin (cdH) a "plaidé fermement" pour que le dialogue puisse reprendre entre les différents acteurs du dossier Veviba, constatant que ce n'est pas à coups d'invectives que des solutions seront trouvées alors que l'enjeu est important pour le secteur et que de nombreux emplois sont concernés.

Pour René Collin, les enjeux sont trop importants pour ne pas les traiter avec tout le sérieux nécessaire, et il convient que tous les acteurs reprennent le dialogue. Sur le fond, "il faut raison garder. Il ne s'agit pas de gommer la réalité des faits qui ont été révélés", a-t-il indiqué.

"L'enquête en cours établira leur exacte amplitude. La priorité est que les outils fonctionnent de manière efficace parce que la filière et les éleveurs en ont besoin. Quel que soit l'opérateur, on doit avoir des exigences très fortes sur la qualité des contrôles et obtenir des garanties pour la mise en place d'un mécanisme permettant d'y impliquer à la fois les éleveurs et les consommateurs", a ajouté le ministre.

"Il doit y avoir un avant et un après Veviba pour les garanties données aux consommateurs sur la qualité des produits, mais aussi aux éleveurs par rapport au respect de leur travail parce qu'ils ont été victimes de la crise", a-t-il conclu.


Les managers de crise de Veviba se distancient de la lettre du Groupe Verbist

Les managers de crise dépêchés par le gouvernement wallon au sein de l'entreprise Veviba dénoncent la "lettre ouverte" diffusée lundi par le Groupe Verbist. "L'entreprise Veviba, représentée par ses deux interim managers, ne s'associe pas aux propos tenus dans [cette lettre], et souhaite par la présente manifester la prise de distance qu'elle entend maintenir par rapport à ces propos", indique-t-elle mardi dans un communiqué. L'atelier de découpe de viande bastognard Veviba ajoute que le document en cause a été rédigé "par Monsieur Louis Verbist et au nom du Groupe Verbist, contrairement à ce que l'utilisation inappropriée et délétère du logo Veviba pourrait laisser supposer".

Sous le coup d'une enquête judiciaire pour de possibles fraudes, Veviba, dont le Groupe Verbist est actionnaire, est actuellement géré par deux managers de crise désignés par le gouvernement wallon. Ces managers ont notamment pour mission de chercher des repreneurs, alors que le Groupe Verbist avait accepté de faire un pas de côté.

Mais dans un communiqué long de six pages envoyé lundi en fin de journée, le Groupe Verbist a annoncé qu'aucun repreneur n'avait été trouvé et qu'il désirait donc revenir à la barre.

Le texte attaque aussi durement le ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme, jugé responsable d' "un tumulte hystérique sans précédent" à l'encontre du Groupe Verbist. Ce dernier soutient que Veviba n'a jamais mis en danger la sécurité alimentaire et n'aurait jamais dû perdre ses agréments.

Denis Ducarme a rappelé que les retraits d'agréments faisaient suite à des perquisitions judiciaires et à "des suspicions de fraude extrêmement graves", tandis que le ministre wallon de l'Economie Pierre-Yves Jeholet a déploré que le Groupe Verbist n'ait plus la volonté de céder ses différents sites "en contradiction avec ce qui était convenu jusqu'ici".