Vilvoorde, waar Vlamingen thuis zijn

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Chaque semaine apporte son lot de désolation. Il y a eu Zaventem, qui avait édicté des règles linguistiques strictes pour l'attribution de logement. Puis c'est Overijse qui s'est "distinguée" en demandant à ses administrés de faire la chasse aux publicités non formulées en néerlandais. Voici Vilvorde (Vilvoorde, pardon) qui vend des logements aux seuls néerlandophones - et qui pourrait bientôt être imitée en ce sens par la commune de Londerzeel.

L'information n'est pas neuve : nous l'évoquions déjà dans une précédente édition (24 et 25 mai). Mais les réactions à la décision de la commune de Vilvorde prennent ces jours-ci une ampleur nouvelle. Rappelons-la en deux mots. Vilvorde met en vente, jusqu'au 12 septembre, 15 habitations modestes (100 000 euros). Mais la vente de ces logements est assortie de critères de revenu, de propriété et de langue.

Les candidats à l'acquisition doivent gagner moins de 35 750 euros, ne pas être propriétaires, ni usufruitiers d'un terrain ou d'un logement et, last but not least, maîtriser le néerlandais. A défaut d'un diplôme d'une institution d'enseignement néerlandophone, les candidats acheteurs devront prouver la connaissance du néerlandais auprès d'une "Maison du néerlandais". En cas d'échec, l'acquisition sera refusée. Cette condition est plus sévère encore que le "Wooncode" déjà vertement critiqué par les francophones qui lui, ne prévoit "que" l'obligation de suivre des cours de néerlandais. Qui plus est, l'obligation linguistique vaut autant pour le candidat acquéreur que pour son conjoint.

Réactions courroucées

Cette nouvelle affaire, qui ne risque pas d'améliorer l'image de la Flandre à l'étranger, a suscité de multiples réactions chez les francophones. Le PS a demandé au gouvernement flamand d'intervenir auprès des élus locaux de Vilvorde afin qu'il fasse respecter l'Etat de droit. Pour le PS, depuis l'adoption du Wooncode, "certains responsables politiques flamands sont entrés dans une spirale d'exclusion des autres et d'isolement, une spirale discriminatoire, en franchissant à chaque fois un pas supplémentaire dans les exigences linguistiques imposées pour l'obtention d'un logement". Le CDH lance lui aussi un appel aux autorités flamandes "afin de faire respecter les droits fondamentaux et d'arrêter l'effet tache d'huile de décisions discriminatoires". Pour le CDH, il s'agit d'un déni intolérable d'égalité de traitement et de démocratie. Les mandataires FDF introduiront un recours auprès des autorités européennes afin d'obtenir l'annulation du nouveau règlement de Vilvorde. "Les autorités communales viennent de franchir une nouvelle étape dans la politique discriminatoire qui vise à interdire l'établissement dans la périphérie de personnes qui ne sont pas d'expression néerlandaise."

Le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen (VLD) a précisé que le gouvernement flamand ne pouvait plus intervenir dans la décision de la commune de Vilvorde. Motif ? Les délais permettant d'introduire un recours auprès du gouverneur et du ministre sont dépassés.

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