Belgique Mahacine B., souffrant du syndrome de Münchhausen, a tenté de tuer ses quatre enfants à de nombreuses reprises.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, lundi, Mahacine B., 36 ans, à 20 ans de prison pour les assassinats de ses enfants Romaïssae (10 mois) et Waed (28 mois), en 2009. Elle est également reconnue coupable de coups et blessures volontaires et prémédités sur ses deux autres enfants. A de nombreuses reprises, entre 2007 et 2012, la prévenue a tenté d’étouffer ses enfants à l’aide d’une couverture.

Le tribunal a reconnu que Mahacine B. souffrait d’un syndrome de Münchhausen (voir plus bas). Il a également trouvé "crédibles" les faits de violence conjugale dénoncés par la prévenue. Mais il s’est étonné qu’elle n’ait déposé plainte qu’une seule fois, qu’elle n’ait jamais fait constater ses blessures, ni demandé le divorce. Il a estimé que les préventions étaient établies tenu compte de la gravité des faits mais aussi de l’absence d’antécédents judiciaires.

Les juges ont estimé que la prévenue devait être consciente de ce qu’elle infligeait à ses enfants et devait savoir que ses gestes pouvaient causer la mort. Le tribunal observe qu’elle a persisté dans ces agissements même après le décès de deux des enfants.

La mère avait été inculpée après que son fils Mohamed, âgé de quelques semaines, avait été admis aux urgences de l’Hôpital Reine Fabiola, le 31 octobre 2012, pour insuffisance respiratoire. Le pédiatre qui avait examiné l’enfant, admis pour la huitième fois aux urgences, s’était rendu compte que Mahacine B. avait perdu deux enfants ayant souffert du même mal. Le 11 mars 2009, la petite Romaïssae était décédée des suites d’un traumatisme respiratoire et cardiaque. Et, le 12 décembre 2009, son petit frère Waed était également décédé pour les mêmes raisons. L’enquête avait permis de constater que la fille aînée de Mahacine B., Aya, âgée de 15 ans, avait dû se faire poser un défibrillateur à l’âge de 7 ans.

Le parquet avait requis une peine de 25 ans de prison. L’avocat général, Stéphane Lempereur, avait stigmatisé les "mensonges d’une femme qui a étouffé ses enfants avec volonté, force, et constance". "Tout était calculé, prémédité, préparé", avait-il tonné. D’après lui, Mahacine B. aurait tenté 27 fois de tuer ses quatre enfants.

La défense, par la voix de Me Nathalie Gallant, avait plaidé une peine assortie d’un sursis probatoire. A l’audience, Mahacine B. avait évoqué une situation conjugale faite de violences. "Je ne me rendais pas compte de ce que je faisais à mes enfants. L’hospitalisation était un moyen de fuir l’horreur de la maison", avait-elle expliqué. Les experts, eux, parlant d’actes "pulsionnels et non maîtrisés", avaient évoqué un syndrome de Münchhausen par procuration. Autrement dit, la mère aurait maltraité volontairement ses enfants pour obtenir de l’attention sur sa propre personne.