Belgique Viols, vols, séquestrations, incendies… Il est aussi accusé d’être un dealer.

Bien avant les horribles faits commis sur Béatrice Berlaimont et Sauvane Watelet, Jérémy Pierson avait déjà un joli palmarès de délinquant à mettre à son actif. Notamment en matière de vols (sacs, voitures), de vols à main armée, de dégradations diverses, de possession d’images à caractère pédopornographique ou encore de trafic de stupéfiants.

C’est d’ailleurs son avocat actuel, Dimitri Soblet, qui l’avait défendu quelques fois entre 2010 et 2013. Essentiellement sur des affaires de vols. Pierson avait déjà été incarcéré en 2006, pour des dégradations commises sur des véhicules dans la région d’Arlon.

Il fut encore condamné à 24 mois de prison en 2012, toujours pour des faits de dégradations, de port d’arme et d’attentat à la pudeur. En ce début de semaine, les enquêteurs sont venus témoigner des agissements de Jérémy Pierson en ce qui concerne un autre volet : celui des stupéfiants.

Ce qu’il en ressort ? Que l’accusé aimait goûter certaines substances. C’était aussi une petite frappe dans le milieu arlonais. À une certaine époque, il fournissait en effet quelques clients ayant des besoins, surtout en cocaïne.

Et uniquement en faible quantité. "Ce n’est effectivement pas un gros poisson. Mais quand il me fallait ma petite dose, j’allais souvent le voir. Il me la vendait aux environ des 25 euros le pacson. On faisait souvent affaire dans le quartier de La Meuse (Arlon). C’est d’ailleurs là qu’on s’est connu. Je ne connais pas son revendeur principal", témoignera un ancien accro à la cocaïne.

L’enquête a démontré que l’accusé allait souvent se fournir dans un bar proche de Luxembourg-ville.

Un autre témoin dira la même chose, ajoutant qu’à sa connaissance, Jérémy Pierson ne consommait jamais devant ses clients. Mais on sait que l’accusé était habitué à consommer fréquemment certaines substances (cocaïne, MDMA et kétamine).

Selon ses dires, ce fut notamment le cas le jour où il a enlevé Béatrice Berlaimont. "Je dirais que dix à quinze minutes après avoir ingurgité ces substances, on ressent déjà les premiers effets. Dans la tête, ça devient très flou. On ne sait pas vraiment ce qui se passe ou ce que l’on fait", précise le meurtrier présumé de Béatrice Berlaimont lorsqu’on lui demande de confirmer les effets que procurent ces drogues sur l’organisme.

Au fil des témoignages et de l’enquête, on s’aperçoit en fait que Jérémy Pierson a franchi toutes les étapes du parfait délinquant avant de commettre un crime odieux.

La question qui brûle les lèvres: deux ans avant les faits commis sur Béatrice Berlaimont, la justice a condamné Jérémy Pierson. Ne pouvait-elle se douter que l’individu était en pleine escalade de la violence ? Et qu’il aurait mieux valu le surveiller de près ?