Belgique

Les organisateurs de la visite du Dalaï Lama en Belgique sont consternés par la nouvelle de l'annulation du chef spirituel du bouddhisme dans le royaume. Selon les informations officielles, le Dalaï Lama a pris seul cette décision, mais pour les représentants des bouddhistes de Belgique, c'est l'incompréhension qui règne.

«Nous sommes confrontés à la fois à une situation où il faut arrêter un train qui est déjà bien lancé et (à une situation) où nous sommes abandonnés face à ce problème », a déploré dimanche matin Frans Goetghebeur, administrateur de l'institut tibétain Yeunten Ling (Huy) et qui s'attèle à l'organisation de cette visite depuis cinq ans.

M. Goetghebeur attend de savoir «ce qu'il s'est réellement passé » avant de délivrer un communiqué officiel sur l'annulation ou le report du voyage du chef politique et spirituel du peuple tibétain.

«J'attends un geste de compréhension et une aide de la part des autorités belges » avant de réagir. «Nous allons attendre (la fin de) ce week-end pour voir si nous sommes soutenus dans (la recherche) d'une solution pratique et organisationnelle », a-t-il expliqué à l'agence Belga. Les bouddhistes de Belgique doivent également «pouvoir garder leur intégrité et être restitués moralement », a-t-il ajouté.

Frans Goetghebeur a entretenu des contacts avec le secrétaire particulier du Dalaï Lama qui doit, selon l'organisateur, «se remettre du choc » de la nouvelle.

Dimanche matin, le ministre des Affaires étrangères s'est contenté de répéter qu'il est de tradition, pour le Dalaï Lama, d'éviter que sa visite ne gêne les relations que le pays qui l'accueille entretient avec la Chine.

«Il s'agit finalement d'une stratégie tenue par le Dalaï Lama de ne jamais vouloir créer de problèmes entre la Chine et un pays tiers.

C'est le Dalaï Lama même qui a pris la décision ne pas se rendre en Belgique au moment où notre roi (Albert II) se rend en Chine », a-t-il expliqué sur les ondes de la VRT.

Le roi Albert II a été invité à se rendre en Chine par le Premier ministre chinois Wen Jibao, lors de sa visite en Belgique le 5 mai dernier, a confirmé le porte-parole du Palais royal, précisant que «les modalités mises en oeuvre concernant cette visite sont entre les mains du gouvernement ».

Le Dalaï Lama devait venir en Belgique le 3 juin prochain, où il devait se rendre à Huy, à Anvers, à Bruxelles et à Charleroi. Il devait dispenser au Spiroudôme de Charleroi cinq jours d'enseignement approfondi sur les pratiques bouddhistes. Sa visite était prévue jusqu'au 10 juin.

La Chine occupe illégalement le Tibet, pays d'origine du Dalaï Lama, depuis 1950.